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25/12/2014

« La renaissance de l’Ordre, ramené à ses lois primitives… » (Lyon, décembre 2014)

La fête annuelle de la Refondation de l’Ordre célèbre ce qui, le 15 décembre 2012, a été posé en acte, à savoir : la possibilité pour les héritiers de la transmission du réveil de 1935, d’incarner son « souci conservatoire », en même temps qu’une « situation d’attente, dans l’espoir qu’un jour, les diverses composantes de la famille rectifiée reviennent à la conception originelle de "l’Ordre", et réalisent leur unité sur le principe unique et fondateur de "rectification" tel que défini et rétabli par la Réforme de Lyon. » (Points 9 et 10 des Principes de l’Ordre). C’est dans cet esprit que les différents établissements du Directoire National Rectifié de France – Grand Directoire des Gaules, en ses classes symboliques & chevaleresques, et ceux qui font actuellement la démarche de s’y adjoindre, ont convergé le 13 décembre dernier, vers le lieu qui a vu le Régime porté sur les fonts baptismaux, afin d’y rappeler la nécessité de sa restauration, en fidélité  avec les dispositions de ses Convents fondateurs. 

Venus d’horizons différents, ils expriment la même impérative condition à la réussite de la Refondation : le Régime n’est porteur d’aucune aspiration "obédientielle" – contraire à sa nature –, confessionnelle, sociale, mondaine ou multi-rituelle, mais d’un projet métaphysique vivant et concret qui nécessite d’être travaillé en système autonome, afin qu’il puisse offrir aux âmes de désir appelées vers ces domaines, la plénitude de la promesse du grand mystère eschatologique porté par l’intuition de ses fondateurs :

« Le système issu de la Réforme de Lyon – et ce n’est pas pour rien qu’il se voulut une initiative de « rectification » entière de la franc-maçonnerie en 1778, dépasse, selon ses propres critères, en éminence, en autorité et en connaissance des mystères de l’initiation, tous les systèmes, l’ensemble des régimes composites, et les organisations constituées en « Grandes Loges », méconnaissant la « doctrine de la réintégration », et, bien évidemment, n’a aucunement besoin pour vivre et se développer, des formes structurelles administratives connues sous le nom « d’obédiences maçonniques », puisque la « conception obédientielle est absolument étrangère à l’esprit de la rectification », faisant que vouloir faire rentrer le R.E.R., dans les cadres de la maçonnerie andersonienne en le faisant coexister, soit avec d’autres Rites, soit avec des visions et conceptions (sociétales, politiques, symboliques, initiatiques, confessionnelles, dogmatiques, etc.), issues de voies « apocryphes », est une absolue aberration.

Ainsi, et que ceci soit bien entendu : le Régime écossais rectifié est « régulier » dès lors que, bénéficiant d’un lien de transmission effectif et valide avec le « réveil » opéré en 1935, il est pratiqué en fidélité à son essence, à ses principes organisateurs, aux Codes fondateurs qui en définissent les règles, et à sa doctrine interne précisée dans les Instructions à tous les grades, et cette « régularité » est de nature initiatique et transhistorique, puisqu’elle se rattache uniquement et invisiblement, à l’Ordre essentiel, primitif et fondamental qui se perd dans la nuit des siècles. »

(Extrait du discours d’orientation du Sérénissime Grand Maître National & Grand Prieur de l’Ordre, tiré du Phénix Renaissant, bulletin interne du Grand Directoire des Gaules, décembre 2014, avec l’aimable autorisation du Comité de Rédaction)

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Joseph de Maistre (1753-1821), fondateur de La Loge « La Sincerite »

La suite de l’Allocution, portant sur la conception du « christianisme transcendant » exposée par Joseph de Maistre dans son Mémoire au duc de Brunswick (1782), a été mise en ligne sur le site du DNRF-GDDG :

« Joseph de Maistre et la doctrine du Régime Écossais Rectifié »

http://www.directoirerectifiedefrance.org/?page_id=560

A lire aussi : « Anniversaire de la Refondation de l’Ordre », sur : http://willermoz.wordpress.com/

07/12/2014

"Quel devenir pour le Régime Écossais Rectifié ?"

Communication de Jean-Marc Vivenza au « Cercle Philosophique Comté de Nice » le 4 Décembre 2014

L’initiative de Refondation willermozienne, face au

Paysage Maçonnique Universel

(avec l’aimable autorisation des organisateurs)

 

Les différentes configurations proposées au Régime Écossais Rectifié (travaillé d’avantage comme un rite vassalisé par les modèles obédientiels andersoniens, qu’il avait pourtant pour objet de réformer), sont-elles en conformité avec les vœux de ses fondateurs du 18ème siècle ? L’interrogation posée par cette communication, nécessitait que soient rappelés, face à un auditoire nombreux et attentif à ces domaines, ses grands critères de validité, afin d’en déterminer, précisément, et en toute objectivité, les constats d’abandon, et les intentions du réveil engagé le 15 décembre 2012.

La Réforme a été portée sur ses fonts baptismaux, par les Leçons de Lyon (1774-1776), qui avaient conduit aux sommets analytiques et épistémologiques de leurs propositions, les perspectives métaphysiques offertes par la Doctrine de « la réintégration des êtres dans leur première propriété, vertu et puissance spirituelle divine. » En 1778, se constitue un dispositif  qui transfert ces éléments à l’enveloppe structurelle efficace de la Stricte Observance allemande. Il a pour ambition de réformer profondément une maçonnerie dont la variation des systèmes, signe l’ignorance de sa vocation primitive.

Dès lors, les critères constitutifs du Régime, en tant que système singulier et indépendant, se démarqueront du cadre obédientiel andersonien, les rares délégations consenties, et limitées, n’ayant pour objet que de lui permettre de vivre dans un environnement globalement hostile aux fondements de la rectification. Encore faut-il, ces critères, les avoir admis et comprendre, comme certains esprits éclairés, que si « l'Ordre est d'essence indéfinissable et absolue, l'Obédience est soumise à toutes les fluctuations inhérentes à la faiblesse congénitale de l'esprit humain.» (Marius Lepage, L'Ordre et les Obédiences, Histoire et Doctrine de la Franc-Maçonnerie, 1956, p.8.)

Qu’elle impasse, alors, quel piège imparable, que d’en négliger les avertissements – ce dont, objectivement, témoigne l’état de dégénérescence déplorable dans lequel ont chuté les structures qui se prévalent abusivement, aujourd’hui, de l’héritage willermozien –, jusqu’aux formes les plus incongrues, d’Obédiences ayant autorité sur des "Grands Prieurés" (sic) rectifiés…

 

La communication de J.- M. Vivenza a été suivie d’une série de questions exigeantes, exprimant des préoccupations fondamentales dont on relèvera qu’elles n’avaient pas fait l’objet, ces dernières décennies, et en-dehors peut-être de quelques cercles réservés, d’attentions particulières, ni de réponses efficaces. Leur amplitude nécessitera sans doute que nous y revenions ; retenons, toutefois, certaines d’entre-elles et quelques éléments de réponses, concernant :

- L’actualité du dépôt du réveil de 1935, dont les Principes de la Refondation de l’Ordre édictés en décembre 2012, expriment le « souci conservatoire » de sa « vérité essentielle » (point 10), en même temps qu’une « situation d’attente, dans l’espoir qu’un jour, les diverses composantes de la famille rectifiée reviennent à la conception originelle de "l’Ordre", et réalisent leur unité sur le principe unique et fondateur de "rectification" tel que défini et établi par la Réforme de Lyon. » (point 9) ;

- L’absence de cohésion dans la pratique des rituels rectifiés, tributaires de la diversité des climats obédientiels et de la domination des critères administratifs, donc profanes, ayant autorité sur « les critères initiatiques, mystiques, métaphysiques et doctrinaux du Rectifié » (sic) - ce qui, sans doute, signale la désorientation la plus saisissante de l’état actuel du Régime, au mépris des Codes fondateurs ;

- Sur le plan doctrinal, la question de la "double nature" : manifestée au cœur de l’enseignement du Régime et de son « réalisme extraordinaire » (sic) sur les réalités de l’être, et sur laquelle renseigne le Traité de Willermoz qui lui est consacrée, elle pose la question de notre nature essentielle, de notre origine divine reçue par émanation angélique, non-matérielle, dégradée par la faute, et recouverte d’une enveloppe de matière ténébreuse ;

- Le climat augustinien, enfin, dans le contexte d’un environnement lyonnais marqué par les Solitaires de Port-Royal, dans lequel évoluèrent Jean-Baptiste Willermoz et les fondateurs du Régime, et des réflexions sur la question de la nature dégradée de l’homme, et des triples facultés de l’âme, perçues comme reflet des trois essences actives de Dieu, selon les conceptions du De Trinitate de l'évêque d'Hippone.

On comprend alors, à la qualité de ces questionnements, l’actualité évidente de l’intention portée par ceux qui, en 1935, manifestèrent la volonté de revenir aux fondements du Régime et l’urgence d’une sauvegarde de son dépôt inaltéré.

Un examen honnête de l'état actuel du Rectifié est nécessaire :

« Dans certaines situations, on ne peut plus parler d’un Ordre et sans cela, le critère de qualification propre a disparu, a été vidé de son caractère opératif et initiatique, au profit d’une comédie superficielle. » 

 

« Le grain mis en terre y reçoit la vie ; mais si son germe est altéré, la terre même en accélère la putréfaction. »