29/04/2026
Pourquoi le spiritualisme gnostique est-il à l'origine du réveil, au XXᵉ siècle, du Régime Écossais Rectifié ?
Extrait de : Jean-Marc Vivenza, La nouvelle Gnose, Éditions Dervy, 2026. Chapitre III : « Eclaircissements sur l’ésotérisme initiatique et son lien avec les antiques mystères de la Gnose. »

Camille Savoire (1869-1951) et Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824)
« Le Régime Écossais Rectifié, comme nous l'avons souligné en tant que pur produit de l'illuminisme initiatique au XVIIIᵉ siècle, après son éclipse suite à la disparition de Jean-Baptiste Willermoz en 1824, et ayant été conservé en Suisse au XIXᵉ siècle, fit son retour en France, précisément le 11 juin 1910, à l'occasion de la réception au grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (C.B.C.S.) de trois membres du Grand Orient de France : Camille Savoire, Édouard de Ribaucourt et Gustave Bastard, réception effectuée par le Grand Prieur du Grand Prieuré d'Helvétie, Charles Montchal. Pour comprendre comment le « réveil » du Régime Rectifié fut rendu possible, il convient d'intégrer le fait que Camille Savoire, qui en fut la cheville ouvrière et le principal artisan, passa progressivement de l'agnosticisme athée au spiritualisme, en n'hésitant pas à se revendiquer des grands noms qui se sont inscrits à l'intérieur du courant alliant connaissance ésotérique et thérapeutique, tels Paracelse, Franz Anton Mesmer, fondateur de la théorie du magnétisme animal, ou encore Christian Friedrich Samuel Hahnemann, le célèbre médecin à l'origine de l'homéopathie, tout en fondant sa démarche personnelle sur l'« intuition » intérieure de l'Inconnaissable.

Camille Savoire écrivait en 1933 :
« Des grandes directives qui ont guidé ma vie dans les diverses sphères où s'est manifestée mon activité : recherche de la vérité dans tous les domaines, au-dessus des écoles philosophiques, des sectes politiques ou religieuses et souvent envers et contre les dogmes scientifiques paraissant les mieux établis [...]. Dans cette recherche de la vérité, quel que soit le domaine sur lequel je poursuivais ma prospection, j'ai parfois fait appel aux lumières intuitives, aux méthodes initiatiques et aux connaissances renfermées dans les ouvrages qui nous sont venus de l'Extrême-Orient, aux traditions constituant le folklore des différents peuples ; j'ai lu et compulsé les ouvrages et documents traitant ou émanant des alchimistes du Moyen Âge et des Rose-Croix de la Renaissance auxquels me rattachent certaines survivances initiatiques, j'ai parfois prudemment suivi la voie de l'Intuition et ouvert avec des précautions infinies les petites fenêtres qui nous permettent de risquer un regard sur l'Inconnaissable. »
Camille Savoire expliquait ainsi cette progressive évolution, l'ayant amené à admettre le caractère initiatique de la franc-maçonnerie, ce qui pour lui représentait une découverte significative :
« Ce fut le désir de travailler dans le secret et le silence, à l'abri des regards indiscrets de la police et des autorités qui attira vers la franc-maçonnerie les adeptes de certaines organisations philosophiques, initiatiques ou occultistes, survivances des anciennes confréries de Rose-Croix, Alchimistes, Illuminés d'Allemagne ou de Bavière, lesquelles vinrent s'agréger au sein de la franc-maçonnerie en y constituant des Loges d'un caractère spécial qui, lors des projets de classification en 7, puis en 15 et, enfin, en 33 grades, adoptèrent des titres distinctifs [...]. Quoi qu'il en soit de ces origines, l'étude approfondie des anciens rituels, en m'éclairant à la lumière des travaux d'occultistes ou d'initiés anciens ou modernes, me permit d'entrevoir nettement le caractère initiatique de la franc-maçonnerie, tel que l'avaient conçu certains de ses adeptes, et de le comparer aux sociétés initiatiques de tous les temps, sinon par les moyens employés, mais par les buts poursuivis, la communauté des symboles, de certaines appellations, mots et signes de reconnaissance, formes rituelles, épreuves. »
(Camille Savoire, Regards sur les temples de la franc-maçonnerie, Éditions initiatiques, 1935, pp. 29-30)
« La nouvelle Gnose »
(Regards sur les nouvelles spiritualités)
Éditions Dervy (2026)
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