Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/02/2013

Colloque 2012-1013, organisé par le Franc-Maçonnerie Libérale Suisse

COLLOQUE 2012-2013 organisé par la F.M.L.S. Franc-Maçonnerie Libérale Suisse.
Au centre Formation CFF à LOEWENBERG (près de Morat)

samedi 02 mars 2013 - de 09h45 à 16h30


"De l’occident à l’orient, et du nord au sud : le choc des cultures, des croyances, des conditions de vie."
Ateliers de réflexion le matin.


Conférence de Jean-Marc Vivenza l'après-midi


Télécharger le Programme sur le site du Grand Orient de Suisse :
http://www.g-o-s.org/actions/colloque-2012-13

GOS.jpg

La Franc-Maçonnerie Libérale Suisse (F.M.L.S.) -  Obédiences signataires de la Charte : Le Droit Humain (Fédération suisse), la Grande Loge Féminine de Suisse et le Grand Orient de Suisse

24/02/2013

La doctrine de l’Ordre et la "sainte religion chrétienne."

Un article extrait du Directoire National Rectifié de France 

De Maistre 17.jpg


« Le Christianisme, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'est qu'une véritable loge bleue... mais il dépend de l'homme de désir de s'élever de grade en grade jusqu'aux connaissances sublimes, telles que les possédaient les premiers Chrétiens qui étaient de véritables initiés. C'est ce que certains Allemands ont appelé le "Christianisme transcendant". Cette doctrine est un mélange de platonisme, d'origénianisme et de philosophie hermétique, sur une base chrétienne. »


Joseph de Maistre, Les Soirées de St. Pétersbourg, XIe Entretien, 1821.


Il faut le reconnaitre, il perdure d'importantes confusions à propos du Régime Ecossais Rectifié, sur lequel de très nombreuses méprises sont énoncées, troublant notablement la nature même de cet Ordre, car s’en est un, qui est certes chrétien en son essence, mais d’un christianisme dit « transcendant », qui n’a strictement rien à voir avec une conception dogmatique qui est étrangère au système initiatique édifié par Jean-Baptiste Willermoz, en effet dépositaire d'un enseignement doctrinal introduit lors du Convent des Gaules en 1778.

a) Une double stratégie initiatique

Il y a clairement, afin d’accéder au cœur doctrinal du Régime rectifié, que ce dernier désigne sous le nom de « Sanctuaire », une double stratégie à l’intérieur du système édifié par Willermoz :

-          1°) celle visant à accroitre dans les âmes leur adhésion à la « sainte religion chrétienne » ;

-          2°) une autre leur faisant entrevoir des vérités contenues secrètement par le christianisme défini comme étant une authentique initiation.

Ainsi, de la formule du Serment au Grade d’Apprenti : « …je m’engage….d’être fidèle à la sainte religion chrétienne…» (Rituel du 1er Grade, 1802), jusqu’à la Profession de Foi de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte : « faisant profession publique de la religion chrétienne, ainsi que de la doctrine et des vérités évangéliques qu'elle  enseigne… » (Rituel du 6e Grade de C.B.C.S., 1784), se retrouvent les mêmes déclarations faisant proclamer aux Frères leur attachement à la religion chrétienne et ses vérités.

C’est ce que souligne la Règle maçonnique : « Rends donc grâce à ton Rédempteur ; prosterne-toi devant le Verbe incarné, et bénis la Providence qui te fit naître parmi les chrétiens. Professe en tous lieux la divine Religion du Christ, et ne rougis jamais de lui appartenir. L’Evangile est la base de nos obligations ; si tu n’y croyais pas, tu cesserais d’être Maçon. » (Règle maçonnique ARTICLE I. Devoirs envers Dieu et la Religion, 1802). 

b) Les confusions issues de la double stratégie initiatique

Cette double stratégie, mêlant adhésion au christianisme et approche de connaissances secrètes - qui égare certains et les conduit à prendre l’écorce pour le noyau - ne vise en réalité qu’à laisser entrevoir le voile posé sur des vérités cachées de la religion chrétienne, qui la perfectionnent, l’enrichissent et l’éclairent sur plusieurs points particuliers.

On remarquera, par exemple, que la Profession de Foi des Chevaliers reste très évasive sur la nature de la vie post mortem, faisant dire à l’impétrant : « Je crois à la vie future et éternelle, dans laquelle chacun recevra suivant qu'il l'aura mérité », impétrant qui récitera croire à l’Eglise de ceux réunis par la foi, non en des « dogmes », mais en Jésus-Christ :  « Je crois enfin à la Sainte Eglise universelle et apostolique, visible et invisible, des membres réu­nis par la foi en notre Seigneur et divin Maître Jésus-Christ. »

Et il n'est pas étonnant que les termes de cette Profession de Foi soient très évasifs, puisque précisément, sur ce sujet, l'enseignement ultime de l'Ordre soutient que l'existence de l'homme après le jugement dernier, lors de la résurrection des morts, sera d'une nature non-corporelle, immatérielle et purement spirituelle.

On est donc là, objectivement, face à des positions qui ne relèvent pas du dogme de l'Eglise, mais participent d'un corpus doctrinal qui confère au Régime rectifié une nature singulière dans le domaine du christianisme, corpus sensible à tous les Grades évidemment, mais qui est conservé pleinement dans le "Sanctuaire" plus haut évoqué. 

Certaines allusions dans l’Instruction du rituel du dernier Grade ostensible du Régime sont, à cet égard,  fondamentales. On y lit des indications extrêmement importantes qu’il convient de ne pas négliger sous peine de se méprendre entièrement sur la nature du Régime rectifié et du christianisme que l'on y enseigne.

c) Le Régime rectifié ouvre sur le « Sanctuaire »

Voici ce qu’on peut entendre :

« Comme Maçon symbolique, vous en avez étudié la structu­re et les dehors ; comme Novice vous êtes entré dans le porche ; comme Chevalier, vous venez d'être admis dans le Temple même et les portes du sanctuaire vous sont ouvertes ». (Instruction, Rituel du 6e Grade de C.B.C.S., 1784).

Les portes du « Sanctuaire »… Quel Sanctuaire ?

Un avertissement prévient pourtant que tous ne sont pas appelés vers ces domaines : « Mais, mon Bien-Aimé Frère, tous les Chevaliers ne sont pas pénétrés des rayons qui en émanent ; il en est qui, victimes de l'habitude et des préjugés, ferment les yeux avec dédain et retournent sur leurs pas ; d'autres en entre­voient l'éclat et la beauté, sans avoir le courage de les fixer constamment ; d'autres enfin, jugeant mieux de leur origi­ne et de la noblesse de leur être, ne négligent rien pour se rendre dignes de les contempler. Soyez du nombre de ces derniers, mon Bien-Aimé Frère. Par une scrupuleuse atten­tion sur vous-même, écartez les préventions, consultez vos forces et surtout, ne négligez pas votre intelligence, ce flam­beau lumineux pour ceux dont l'amour de la Vérité est l'unique mobile. » (Ibid.)

Il y a donc un « Sanctuaire » nous apprend l’Instruction de C.B.C.S., où tous les Chevaliers ne sont appelés, détenteur des rayons des « rayons de la Vérité », ouvert à ceux qui ne négligent pas d'exercer leur intelligence ayant pour mobile l'amour de la Vérité.

Voilà qui est très intéressant.

d) L’Ordre est une classe d’instruction secrète

L’Instruction donne un avertissement solennel au nouveau Chevalier, avertissement que beaucoup ne comprennent pas : « vous redevenez apprenti dans un ordre de choses dont le seul vrai Maître est au ciel », et par delà cet avertissement, l’Ordre confesse une chose cruciale :

« L’Ordre des Chevaliers Maçons de la Cité Sainte vous fait un aveu qui ne vous donne aucun droit : il est une classe d'instruction qui fut longtemps tenue secrète et à laquelle celui qui vous en parle dans ce moment n'a peut-être et n'aura peut-être jamais part. » (Instruction C.B.C.S., Ibid.)

L’Ordre des C.B.C.S., est une « classe d'instruction qui fut longtemps tenue secrète » ?

Les paroles deviennent de plus en plus mystérieuses assurément !

e) L’initiation rectifiée est dépositaire d’une « Science universelle »

Si nous poursuivons notre examen, pour savoir sur quoi porte cette instruction tenue secrète, on tombe sur cette indication : « l'Initiation parfaite doit être une initiation à des connaissances générales et plus élevées.» (Ibid.)

Comment, l’initiation parfaite, dont on sait qu’elle est détenue au sein du Sanctuaire selon ce qu’en dit positivement l’Instruction, relèverait de connaissances plus élevées que celles délivrées aux Chevaliers, et qui nous révèlerait des lumières sur le christianisme sous le nom de « Science universelle » ?

C’est en effet exactement ce que soutient le rituel des C.B.C.S. :

« Les connaissances parfaites nous furent apportées par la Loi spirituelle du christianisme, qui fut une initiation aussi mystérieuse que celle qui l'avait précédée : c'est dans celle-là que se trouve la Science universelle. Cette Loi dévoila de nouveaux mys­tères dans l'homme et dans la nature, elle devint le complé­ment de la science. Elle est la plus sublime, la plus élevée, la plus parfaite de toutes, enfin la seule à désirer pour un vrai Chevalier de la foi. » (Ibid.)

Résumons-nous : Par delà les vérités de la sainte religion chrétienne, le christianisme est donc une initiation mystérieuse détenteur de connaissances parfaites connues sous le nom de « Science universelle », dont le Sanctuaire de l’Ordre est le dépositaire.

C’est tout à fait ça, et c’est en effet ce qu’affirme clairement l’Instruction destinée aux C.B.C.S.

Conclusion : « il existe encore des Maîtres dans cette Science importante… »

Très bien mais comment accéder à ce Sanctuaire et recevoir les lumières de cette « Science universelle », dont on aura compris qu’il s’agit d’un enseignement, c’est-à-dire d'une « doctrine » ?

Voici la réponse de l’Ordre ; il n’y en aura point d’autre plus explicite, puisque le 6e Grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, est le dernier des Grades ostensibles du Régime rectifié.

Ce qui est dit à cet instant, est  donc tout à la fois peu et beaucoup.

Lisons avec attention :

« Tout ce que nous savons, tout ce que nous pouvons vous révéler de ce secret, c'est qu'il existe encore des Maîtres dans cette Science importante : vous apprendre à les chercher, vous dire à quels signes ils peuvent vous reconnaître, c'est satisfaire à tous nos engagements, et, nous osons le dire, vous avoir rendu le plus important service que l'homme puisse attendre de ses semblables ». (Ibid.)

Comme l’écrivait Joseph de Maistre, à qui nous laisserons nous délivrer les derniers mots sur cette question : « Que d'autres que leur génie appelle aux contemplations métaphysiques cherchent dans la nature même des choses les preuves de notre doctrine… » (Mémoire au duc de Brunswick-Lunebourg (1782). 

22/02/2013

Les nouveaux contours d’une Franc-maçonnerie ecclésiale et dogmatique

inquisicion.jpg

 







« Ceux qui altèrent cette foi sont donc parjures et apostats »


Par la dernière déclaration du Grand Aumônier du Grand Prieuré des Gaules[1], emprunte de sa coutumière tendresse évangélique, sont délimités les contours d’une Franc-maçonnerie ecclésiale et dogmatique, engageant l’Obédience concernée, par la voix de celui dont la charge, rappelons-le, consiste à «  dispenser et superviser l’enseignement religieux et spirituel »(Statuts du G.P.D.G., Livre VII) : « Les déclarations du Grand Aumônier du Grand Prieuré des Gaules, qui ne sont ni des consignes ni des directives, écrit-il, valent exclusivement pour l’obédience où il exerce sa fonction, c’est-à-dire le Grand Prieuré des Gaules. »

Dans cette perspective assumée, les critères théologiques et conciliaires définissent le maçon rectifié, et se substituent à « on ne sait quelle sainte doctrine sortie on ne sait d’où » (sic), selon les propos du clerc, par ailleurs publiquement investi dans de petites églises orthodoxes retranchées des grandes communautés chrétiennes d’Orient[2].  

« Ceux qui altèrent cette foi sont donc parjures et apostats », annonçait, dans son précédent billet, le tenant de cette vision ecclésiale en milieu initiatique, « qui se revendique d’être intégriste » (sic).

Concernant cette « Sainte Doctrine parvenue d’âge en âge par l’Initiation jusqu’à nous » (Statuts et Règlement de l’Ordre des Grands Profès, Ms 5.475, BM Lyon), il est entendu que « les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité » (lettre de J.-B. Willermoz à Saltzmann, mai 1802).

La doctrine de la réintégration des êtres, imprégnant la maçonnerie willermozienne, est de nature initiatique, disposant d’une cohérence interne propre, différente, sur des points cruciaux, d’une théologie dogmatique qui n’a pas sa place dans le domaine maçonnique. Jusqu’à ce qu’un groupe de missionnaires issus d’églises autocéphales, par ailleurs adeptes de pratiques magico-théurgiques néo-coëns – dont on se questionnera d’ailleurs sur les références conciliaires – ne parvienne à faire main basse sur le Grand Prieuré des Gaules, maison-mère du Régime Rectifié en France. 

La posture est a priori intenable, pour ceux qui la tiendraient. Sauf à renier la doctrine ou, plus dangereusement, à la transformer pour la rendre conforme à leurs vues. Ce que, inévitablement, ces clercs en exercice seront contraints de faire, pour se maintenir au sein des structures dans lesquelles ils exercent leurs offices.

« Du moment qu'on mêlera la religion à la maçonnerie, dans l’Ordre symbolique, on opérera sa ruine », précisa J.-B. Willermoz (Lettre de Willermoz à Bernard de Türckheim, du 3 février 1783). Le processus semble pour le moins irréversible, en ce qui concerne l’Obédience concernée, au point que son actuel Grand Maître déclarera, lors de la Saint-Michel 2012 : « C’est le dogme qui est intangible, pas la doctrine[3]. »

En décembre 2012, les willermoziens ont fait le choix de se mettre à distance de ce Grand Prieuré dénaturé et dogmatique, agissant non point selon des motivations mondaines, mais légitimés, en leurs qualifications propres, par la remise du dépôt intégral de la transmission de Camille Savoire, qui faisait défaut à l’actuelle direction de l’Obédience. Désormais, s’éclaire avec justesse le caractère vital de cette refondation, pour la sauvegarde de cette filiation inaltérée du Régime et de la doctrine de la réintégration. 

__________

Sur cette question, nous renvoyons au dernier billet publié par le blog Semper Rectificando, « Un piège dogmatique sectaire pour le Régime Ecossais Rectifié : la Franc-maçonnerie chrétienne ! » :

http://semperrectificando.wordpress.com/2013/02/22/un-piege-dogmatique-sectaire-pour-le-regime-ecossais-rectifie-la-franc-maconnerie-chretienne/

semper.jpg

 


[1]Sur son blog « Un orthodoxe d’Occident »

[3] « Discours du Sérénissime Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules », Bruno in ordine Eques ab Ardenti Corde, Les Cahiers Verts n°7, année 2012, page 14.

 

20/02/2013

La "Grande Aumônerie" du Grand Prieuré des Gaules, définit les nouvelles normes de l’"hérésie" au sein de la Franc-maçonnerie rectifiée.

inquisition-01.jpg 

 

Dans un billet en date du 19 février 2013, intitulé « Proclamation de la dernière hérésie en titre », et publié sur son blog ecclésial (« Un orthodoxe d’Occident »), le Grand Aumônier en charge du Grand Prieuré des Gaules, A Tribus Liliis, reprend notre note du 06 février dernier[1], assortie du commentaire suivant :

« J'ai reproduit telle quelle cette déclaration de la secte vivenzarque, sauf à corriger les fautes d'orthographe.

Mes adversaires pensent me couvrir de honte, ils me couvrent de gloire. C'est une gloire impérissable en effet de confesser en tout temps et en tout lieu la foi chrétienne intégrale et inaltérée. Foi à laquelle tout maçon rectifié jure "fidélité" dès son entrée dans l'Ordre.

Ceux qui altèrent cette foi sont donc parjures et apostats. »

Les propos du clerc bienveillant, sont emplis d’une telle affection évangélique, qu’il convient de les porter à l’admiration générale, et de mettre en exergue la conception qu’il se fait de « l’enseignement des principes religieux et spirituels des Ordres, en particulier la doctrine de la religion et de l’initiation chrétiennes » (Statuts du G.P.D.G., Livre VII, article 106, 2005, amendés le 29 septembre 2012).

Visiblement habilité à établir les nouvelles normes de l’hérésie au sein de la Franc-maçonnerie rectifiée, le ministre affecté saura donc désigner à la vindicte de son tribunal imaginaire, les « exclus du Régime rectifié » (sic), les « parjures » (sic) et « apostats » (sic), en vertu de sa « conception propre qui se revendique d’être intégriste » (sic).

Ce danger, absolument inédit et historique, de cléricalisation de la Franc-maçonnerie, pose d’autant plus de difficultés, qu’il s’exerce dans le cadre de prérogatives démesurées, précisées par la législation même de l’Obédience concernée :

« Le Grand Aumônier, ou des Aumôniers désignés par lui, sont chargés, en étroite liaison avec les Chefs des Ordres, le Maître Général des Loges de Saint-Jean et de Saint-Andréde dispenser et de superviser l’enseignement religieux et spirituel, dans les Etablissements de leur ressort. » (Statuts du G.P.D.G., Livre VII)

On pourra légitimement s’interroger sur la nature de cet « enseignement religieux et spirituel » que le Grand Aumônier, au regard des propos tenus, se doit de dispenser et de superviser.

On s’interrogera aussi, et surtout,sur la réaction des différentes Juridictions rectifiées, attachées aux principes de la Franc-maçonnerie universaliste et libérale et qui, sans nul doute, ne sauraient participer, par leur silence ou leur approbation, de telles dérives dogmatiques, vécues au cœur de la maison-mère du réveil du Régime en France et impactant, immanquablement, tous les systèmes qui en sont issus.

17/02/2013

J.-B. Willermoz : la classe de ceux qui " affectent trop habilement le ton et le langage dédaigneux d’une morgue théologique"

Galileo_before_the_Holy_Office.jpg

« Nous ne pouvions donc pas passer sous silence cette classe devenue la plus intolérante, la plus obstinée dans son système, et la plus dangereuse, puisqu’elle se glorifie quelques fois de son ignorance. 

Ceux qui la composent, hardis et tranchants dans leurs décisions, présomptueux dans leurs prétentions, et dominés, peut être sans s’en douter par un certain orgueil sacerdotal, qui souvent saisit les cœurs les plus humbles, qui tend à identifier leur personnes avec le sacré caractère dont elles sont revêtus, et affectent trop habilement le ton et le langage dédaigneux d’une morgue théologique, qui décèle le dépit secret d’ignorer ce qui est connu, révéré et recherché par d’autres hommes estimables, instruits et très religieux.

Ils s’abusent enfin jusqu’à vouloir persuader que tout ce qui n’est plus connu d’eux ni des professeurs de leurs premières études est faux et illusoire, et n’est qu’un tissu d’erreurs et de nouveautés dangereuses contre lesquelles on ne saurait trop se tenir en garde.

Souhaitons qu’ils reconnaissent leur erreur, et qu’ils reviennent de leurs funestes préventions,qui ne peuvent que les priver pour toujours de ce qui faisait la force et la consolation de leurs prédécesseurs dans le saint ministère qu’ils exercent. »

J.-B. Willermoz, Cahier D 5 e, Bibliothèque Nationale de Paris, 1806-1818.

 

Extrait de :

La Clé d’or de l’illuminisme mystique

Christianisme transcendant et Eglise intérieure

selon la doctrine de l'initiation

 

Texte de Jean-Marc Vivenza

http://jean-marcvivenza.hautetfort.com/archive/2013/02/12/la-cle-d-or-de-l-illuminisme.html

in

La Clé d’or

et autres écrits maçonniques

JMV01.jpg

Sortie le 28 février 2013  

Editions de l’Astronome, 239 pp.

12/02/2013

Sur quelques graves considérations au sujet du rejet de la doctrine du Régime rectifié

 « Telle est cette science mystérieuse et sacrée dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d’en faire usage. »

concert dans un édifice en ruines.jpg














Concert dans un édifice en ruines, anonyme du 18ème siècle, Rennes, musée des beaux-arts. 


La Franc-maçonnerie rectifiée se singularise fortement par le caractère "non-apocryphe" – selon la terminologie de Martinès de Pasqually – que lui confèrent le rattachement, l’héritage complet et le plein usage de la doctrine de la réintégration des êtres "dans leur première propriété, vertu et puissance".

Rompant avec les frivolités mondaines de la maçonnerie du 18ème siècle, et partant du constat qu’aucun système existant alors, ne répondait à l’exigence réparatrice consécutive à la déréliction ontologique dans laquelle se trouvait l’homme, la Réforme de Lyon est, en mode maçonnique –  car ce rattachement concerne l’ensemble du courant illuministe européen –, la pure expression de ce christianisme transcendant porté par Origène d’Alexandrie (+ 252 ), et dont on connaît désormais les grandes thématiques : « émanation des âmes, vision négative de la création, rejet du corps et de la matière, destination céleste purement immatérielle des créatures[1]. »

Tout, dans les rituels et les instructions willermoziennes, de l’étape préparatoire à la réception de l’apprenti maçon[2], jusqu’aux classes non-ostensibles du Régime, en témoigne, mais semble nécessiter de constants rappels, dès lors que nous faisons le sombre constat du renoncement généralisé, tristement assumé par les grandes organisations initiatiques qui se parent de la sémantique et de la coloration du Régime, tout en en rejetant, et parfois de façon intentionnelle, le contenu.

Citons ces textes, qui fondent le corps même de la doctrine du Régime, à l’attention des amnésiques volontaires qui lui préfèrent – sur une déroutante échelle de variations, souvent dictées par la coloration obédientielle de référence – des interprétations dogmatiques, universalistes, ou vidées de toute référence spirituelle.

Citons ces textes, notamment, lorsqu’ils en appellent à la grave responsabilité alors endossée par ces structures qui devraient en assumer la conservation, en même temps que le devoir d’en accorder, aux âmes de désir sincères qui leur sont confiées par la Providence, l’exacte transmission :

 

« Cette doctrine, ayant toujours été la base des initiations, les Sages qui en étaient parfaitement instruits eurent grand soin de l’enseigner (…). Telle est cette science mystérieuse et sacrée dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d’en faire usage, et qui égare également ceux qui ne se seront pas élevés au-delà des choses sensibles.

C’est d’après ces principes que les initiations furent mystérieuses et sévères. La vérité l’exigeait elle-même. Cette doctrine se cachait aux hommes corrompus. Les emblèmes et les allégories que les sages y employèrent figuraient aux apparences sensibles et matérielles de la nature, qui rendent impénétrables à nos regards les agents moteurs de l’univers et les êtres individuels qu’il renferme.

Dans l’état actuel de l’homme, privé de la lumière, ce qui peut lui arriver de plus funeste, c’est d’oublier, ou de nier, cette lumière. Aussi, l’objet principal des sages instituteurs de l’initiation ne fut pas précisément de faire connaître la vérité aux peuples, mais de les porter, par leur exemple et par leur  doctrine, à croire en elle avec confiance et à lui rendre un sincère hommage, quoiqu’elle fût cachée à leurs yeux. »

(Instructions secrètes des Chevaliers Grands Profès, fonds Georg Kloss, Bibliothèque du Grand Orient des Pays-Bas, à La Haye [1er catalogue, section K, 1, 3])



[1] Jean-Marc Vivenza, « Origène et l’illuminisme », in La doctrine de la réintégration des êtres, pp. 23-60, La Pierre philosophale, 2012.


06/02/2013

Sur une déviance dogmatique au sein du Régime Ecossais Rectifié

« Pour la maçonnerie rectifiée, il faut et il suffit que l'impétrant confesse (…) la résurrection des morts (ce qui exclut les vivenzarques). Ceci est ma conception propre qui revendique d'être intégriste. »

(A Tribus Lillis - "Grand Aumônier" du G.P.D.G. sur les réseaux sociaux, 6 février 2013).

sur une déviance dogmatique au sein du Régime Ecossais Rectifié.jpg












 

« Pour moi, la franc-maçonnerie est devenue une terre de mission et je ne vois pas au nom de quoi je devrais la laisser de côté. » (Jean-François VAR, propos recueillis par Anne Ducrocq, In « l’Actualité des Religions », février 2001, n° 24)

La déviance du propos tenu en 2001, au regard des critères propres à l’initiation maçonnique, est d’une évidence qui n’est plus à démontrer, Jean-Baptiste Willermoz nous ayant lui-même alerté sur le danger d’un tel projet :

« Du moment qu'on mêlera la religion à la maçonnerie dans l’Ordre symbolique, écrivait-il en 1783, on opérera sa ruine ; je la vois même se préparer en plusieurs endroits par la multiplicité peu sévère (…) et par le zèle imprudent qui en vue du bien du prochain se livre a l'esprit de prosélytisme ; pour faire préférer notre régime nous mettons à découvert ses principes et son but particulier nos discours oratoires deviennent des sermons, bientôt nos Loges deviendront des églises ou des assemblées de piété religieuse. (…) Ce danger mon ami qui peut paraître chimérique est bien plus prochain qu'on ne pense, si on n'y met promptement ordre.... » (Lettre de Willermoz à Bernard de Türckheim du 3 février 1783,  n Renaissance Traditionnelle n°35, juillet 1978, p. 179[1]).

L’avertissement prend sens, là où, fin 2012,  auront triomphé les forces de dissolution, au cœur même de la maison-mère du réveil du Régime Rectifié en France. La "Grande Aumônerie", novation contraire aux critères willermoziens, œuvra donc dans le sens de ce que nos amis du Crocodile désigneront, dans un billet publié le 6 décembre 2012, comme "un projet sectaire au sein des ordres initiatiques… le dogmatisme parasitaire[1]", qui se déclina comme un détournement systématique de la doctrine de la réintégration, omniprésente dans l’armature rituelle du Régime, au profit de conceptions ecclésiales, plus conformes aux anathèmes des Conciles.

Le projet de Refondation de l’Ordre[2], signalé ici-même, est consécutif au départ des willermoziens du Grand Prieuré des Gaules, et au dépôt intégral de sa transmission, au sein du Directoire National Rectifié de France ; les récents propos dudit « Grand Aumônier » sur les réseaux sociaux, confirmant cette nécessité historique :

« En ce qui me concerne, pour la maçonnerie rectifiée, il faut et il suffit que l'impétrant confesse 1) la Divine Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit, 2) la double nature du Christ, vrai Dieu et vrai homme (ce qui exclut les nestoriens et les ariens), 3) la résurrection des morts (ce qui exclut les vivenzarques). Ceci est ma conception propre qui revendique d'être intégriste. »

Là où l’esprit de la Réforme de Lyon, témoigne d’un christianisme transcendant, ouvert à l’expérience progressive d’une "douce persuasion", on imagine difficilement les grandes structures rectifiées, soucieuses, à juste titre, de ces dérives dogmatiques, se solidariser d’une telle posture.

Chacun ayant à l’esprit, le salutaire avertissement de Jean-Baptiste Willermoz à Achard, dans sa lettre des 17 au 27 février 1805.[3]

 

03/02/2013

"L'Ordre, ne devant pas accueillir des individus qui auraient une doctrine opposée à celle qu'il regarde comme sa règle fondamentale."

chambre de préparation.jpg

« Si les réponses du candidat sont conformes à la doctrine de l'Ordre, le Frère Préparateur l'exhortera à y persévérer, et il les fera connaître sommairement à la loge lorsqu'il y fera son rapport. »


La Chambre de préparation, étape préliminaire à la réception du futur apprenti franc-maçon au Régime Rectifié, est pourvue d’indications indispensables – différentes des thématiques coutumières à d’autres systèmes, ayant eu à souffrir d’alliages étrangers à la vocation première de la perspective initiatique[1] –, récapitulant d’emblée, l’enjeu même d’une transformation à visée réparatrice : la réconciliation de l’homme avec sa vocation céleste, toutefois conditionnée par une conscience objective de l’état dégradé, vicié à la racine, de l’individu.

On pourrait s’étonner qu’un tel préalable doctrinal soit posé, dès le stade initial de la réception. Et feindre d’ignorer ce principe effectivement essentiel, que signalait René Guénon dès 1924 :

« Il faut, nous l’avons dit, s’en tenir tout d’abord au point de vue purement intellectuel, et, par une répercussion toute naturelle, les conséquences s’étendront ensuite de proche en proche, et plus ou moins rapidement, à tous les autres domaines (…). L’ordre des principes porte virtuellement en soi des possibilités dont l’expansion est capable de déterminer les plus prodigieuses conséquences, et cela dans tous les domaines, à mesure que ses répercussions s’y étendent selon leur répartition hiérarchique et par voie de progression indéfinie. (…) Du reste, il faut nécessairement commencer par la préparation théorique, la seule vraiment essentielle et indispensable, et la théorie peut toujours être exposée sans réserves, ou du moins sous la seule réserve de ce qui est proprement inexprimable et incommunicable ; c’est à chacun de comprendre dans la mesure de ses possibilités. » (René Guénon, Orient et Occident, IIe part., ch. III, "Constitution et rôle de l’élite")

A l’évidence pourtant, cette vocation primitive,  à laquelle nous sommes appelés, conditionne l’accès à la démarche, et les propos sur les trois "questions d’Ordre" tenus au candidat par celui qui fait office de "frère préparateur", n’en font pas mystère.

Les voici donc, à l’attention de celles et ceux qui, bien qu’ayant en charge  les structures qualifiées pour en diffuser le sublime héritage, en ont oublié jusqu’à la sémantique même, désormais assimilée à des vues "doctrinaires" qui seraient étrangères à la vocation du Régime :

« Monsieur, ces questions ne sont pas offertes aux candidats pour entreprendre avec eux aucune controverse sur les objets qu'elles présentent à leurs réflexions, mais pour obtenir par leur propre déclaration un témoignage certain de leur croyance ou de leur manière de penser sur des points qui sont, je ne crains pas de vous le dire, la base essentielle de la Franc-Maçonnerie. L'Ordre, ne devant pas accueillir des individus qui auraient une doctrine opposée à celle qu'il regarde comme sa règle fondamentale, a dû, relativement à ceux qui désirent d'y être admis, établir des formes certaines pour connaître leurs vrais sentiments, et leur conformité avec ses lois, afin d'éloigner de ses assemblées tout prétexte de dispute ou d'opposition d'opinions tendant à détruire la charité, la fraternité et l'union qui doivent y régner essentiellement. C'est dans cette vue, Monsieur, et non par aucun doute ou indifférence sur les vérités sublimes professées dans l'Ordre, que les discussions religieuses, morales et politiques, sont sévèrement prohibées parmi les Frères, et qu'ils sont exhortés à ne pas craindre d'avouer hautement les vérités de la religion devant les profanes qui les rejettent, tous devant faire leurs efforts pour se rapprocher du sanctuaire de la vérité afin d'y former avec leurs Frères l'union la plus intime et la plus pure qu'il soit possible de voir parmi les hommes.

Ainsi, Monsieur, ces questions ne sont présentées aux candidats qu'afin de connaître, par leurs réponses, s'ils sont dignes d'entrer dans l'Ordre, et pour leur faire entrevoir son véritable but et le terme des travaux particuliers imposés à chaque maçon. Je dois même vous prévenir qu'elles vous seront souvent rappelées, et qu'avant l'époque où vous serez tenu d'y répondre d'une manière plus positive, vous aurez dû prouver à vos Frères, par la pratique invariable que l'Ordre exige, la conformité réelle de vos sentiments avec la doctrine morale et religieuse qui fait la base de cette respectable association. Sans cela, Monsieur, cette époque de votre avancement dans la Franc-Maçonnerie serait de plus en plus reculée pour vous, et dans ce cas, vous ne pourriez vous en plaindre, car ici vous ne sauriez être le juge dans votre propre cause, mais vous serez jugé sur vos œuvres, et par vos Frères témoins de vos travaux.

Je leur rendrai tout à l'heure un compte fidèle de vos sentiments et de la manière dont vous me les avez exprimés ».

Au terme de ce discours, le rituel se complète de la précision suivante :

« Si les réponses du candidat sont conformes à la doctrine de l'Ordre, le Frère Préparateur l'exhortera à y persévérer, et il les fera connaître sommairement à la loge lorsqu'il y fera son rapport. »

(Rituel du grade d’ Apprenti, 1802)

 



[1] Nous pensons, en particulier, aux apports tardifs liés aux différents principes de  transmutation de la matière qui, du point de vue de l’économie générale de la réconciliation, constituent un véritable non-sens métaphysique.