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04/12/2017

Le Régime Écossais Rectifié est-il « martinésien » ?

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« Le but de Willermoz était donc de préserver la doctrine dont Martines de Pasqually avait été, selon que ce dernier lui avait enseigné, l’un des relais seulement ; maintenir, quand sombrait l’ordre des Elus Cohen, la vraie Maçonnerie selon le modèle que Martinès de Pasqually lui avait révélé comme l’archétype et que garantit une conformité doctrinale avec la doctrine de la réintégration. »

(R. Amadou, Martinisme, CIREM, 1997, p. 36)

 

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Au cours d’une conférence donnée à Nice le 18 novembre 2017[1], et portant sur la distinction qu’il convient de faire entre les voies prétendument « initiatiques », de nature caïnistes et babéliennes, dites « apocryphes » - c’est-à-dire ignorantes de la « doctrine de la réintégration des êtres » - et la tradition portée par la Réforme willermozienne, Jean-Marc Vivenza, répondant à ce légitime questionnement,  précise de nouveau ce qu’il semble nécessaire de rappeler inlassablement  :


Jean-Marc Vivenza, Nice, 18 novembre 2017 (extrait audio)

 

L’élan réformateur ayant porté sur les fonds baptismaux le «Régime » né des Convents  « des Gaules » (1778) et de Wilhelmsbad (1782),  résulte d’une « rectification » de la Stricte Observance allemande, ne lui conservant que l’essentiel de sa forme structurelle, en lui conférant le fond théorique de la pensée martinésienne, expression – approfondie lors des « Leçons de Lyon » (1774-1776) – en mode maçonnique et dans le climat illuministe du XVIIIème siècle, des grandes thèses du « christianisme transcendant » signalé par Joseph de Maistre, au XIème entretien des Soirées de Saint-Pétersbourg [2].

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« Leur dogme fondamental est que le christianisme, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’est qu’une véritable loge bleue faite pour le vulgaire ; mais qu’il dépend de l’homme de désir de s’élever de grade en grade jusqu’aux connaissances sublimes, telles que les possédaient les premiers Chrétiens qui étaient de véritables initiés. »

Joseph de Maistre (1763-1821)

 

Ces sujets ont fait l’objet, de la part de Jean-Marc Vivenza, d’études essentielles, portant sur les sources martinésiennes de la maçonnerie rectifiée[3], auxquelles, nous l’affirmons clairement, il convient  désormais de se référer de manière impérative, si l’on souhaite aborder sérieusement ses fondements doctrinaux les plus essentiels.

Dans sa récente Histoire du Régime Écossais Rectifié, des origines à nos jours (éditions La pierre philosophale, octobre 2017), ce dernier dresse à plusieurs reprises, l’inventaire méthodique de ce que Jean-Baptiste Willermoz désignait comme étant « la forme de cette Instruction [ayant] quelquefois varié selon les temps et les circonstances, mais [dont] le fond, qui est invariable, est toujours resté le même[4] », insistant même, sur la nécessité absolue d’une référence intangible à ces éléments :

« Que les choses soient claires, le Rectifié professe, de façon implicite dans les Instructions destinées à tous les grades, et de façon explicite dans les Instructions secrètes de sa classe dite « non-ostensible », des thèses absolument condamnées par l’Église et ses conciles, portant sur la nature immatérielle d’Adam avant la chute, la création du monde effectuée non par Dieu mais par des « esprits intermédiaires », l’emprisonnement dans un « corps de matière » des anges et de l’homme en conséquence de leur péché, la vocation à la « dissolution » des éléments de la création lors de la fin des temps, la résurrection incorporelle du Christ, la destination incorporelle des créatures dans l’éternité, etc.[5] »  ; « Toute la doctrine de Martinès peut se résumer dans un mot : « Réintégration ». Réintégration des êtres répondant à leur chute antérieure les ayant plongés au cœur des ténèbres du monde et les condamnant à un exil qui les coupe, les sépare de leur véritable origine. Le travail qui s’impose à l’homme consiste donc, selon Martinès, à refaire le chemin, à retrouver la direction de sa remontée[6] (…). » ; « C’est cette doctrine et cet ambitieux programme de la « réintégration » que va découvrir Jean-Baptiste Willermoz, au moment même où son attente était aiguisée à son maximum à l’égard du cheminement initiatique qu’il explorait depuis plusieurs années déjà[7]. »

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[1]  Jean-Marc Vivenza, Nice, 18 novembre 2017 (extrait) « Tradition non-apocryphe et voie apocryphe, selon la doctrine du Régime Écossais Rectifié », « Association philosophique Comté de Nice », 18 novembre 2017.

[2] « Je ne dis pas que tout illuminé soit franc-maçon : je dis seulement que tous ceux que j’ai connus, en Œuvres surtout, l’étaient ; leur dogme fondamental est que le christianisme, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’est qu’une véritable loge bleue faite pour le vulgaire ; mais qu’il dépend de l’homme de désir de s’élever de grade en grade jusqu’aux connaissances sublimes, telles que les possédaient les premiers Chrétiens qui étaient de véritables initiés. C’est ce que certains Allemands ont appelé le christianisme transcendantal. Cette doctrine est un mélange de platonisme, d’origénianisme et de philosophie hermétique, sur une base chrétienne. Les connaissances surnaturelles sont le grand but de leurs travaux et de leurs espérances ; ils ne doutent point qu’il ne soit possible à l’homme de se mettre en communication avec le monde spirituel, d’avoir un commerce avec les esprits et de découvrir ainsi les plus rares mystères. Leur coutume invariable est de donner des noms extraordinaires aux choses les plus connues sous des noms consacrés : ainsi un homme pour eux est un mineur, et sa naissance, émancipation. Le péché originel s’appelle le crime primitif ; les actes de la puissance divine ou de ses agents dans l’univers s’appellent des bénédictions, et les peines infligées aux coupables, des pâtiments. Souvent je les ai tenu moi-même en pâtiment, lorsqu’il m’arrivait de leur soutenir que tout ce qu’ils disaient de vrai n’était que le catéchisme couvert de mots étrangers (…) J’ai eu l’occasion de me convaincre, il y a plus de trente ans dans une grande ville, qu’une certaine classe de ces illuminés avait des grades supérieurs inconnus aux initiés admis à leurs assemblées ordinaires ; qu’ils avaient même un culte et des prêtres qu’ils nommaient du nom hébreu cohen» (J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg : XIe Entretien, 1821).  

[3] Jean-Marc Vivenza, Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié, Le Mercure Dauphinois, 2010 ; et La doctrine de la réintégration des êtres : Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz à la lumière de la pensée d’Origène, éditions La Pierre philosophale, 2012, et seconde édition revue et augmentée, 2013.

[4] Statuts et Règlement de l’Ordre des Grands Profès, Ms. 5475, BM Lyon.

[5] Jean-Marc Vivenza, Histoire du Régime Écossais rectifié des origines à nos jours, éditions La Pierre philosophale, 2017, p. 454.

[6] J.- M. Vivenza, Op. cit., pp. 71-72.

[7] Ibid, p. 80.

17/10/2016

COMMUNIQUÉ DES ADMINISTRATEURS DU GROUPE RÉGIME ÉCOSSAIS RECTIFIÉ

Les administrateurs de la page sociale Régime Écossais Rectifié (à laquelle sont inscrits plus de 2000 membres et contributeurs à ce jour), nous communiquent l’information suivante :

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COMMUNIQUÉ DES ADMINISTRATEURS DU GROUPE RÉGIME ÉCOSSAIS RECTIFIÉ

 

Nous portons à la connaissance de nos membres, puisque c’est sur ce groupe RER que furent mis en lumière par certains de nos amis lecteurs attentifs depuis de longues années de l’ensemble des ouvrages publiés sur le Régime Écossais Rectifié, les nombreux emprunts non sourcés – soit en langage éditorial des « plagiats » – trouvés dans le tome I de L’Aventure du Rite Écossais Rectifié (éditions de la Tarente 2012, rééd. 2015) dont Jean-Claude Sitbon est l’auteur, ayant abouti depuis plusieurs mois à de multiples réactions polémiques et des commentaires divers créant un climat pesant et pénible. Ainsi donc, pour clore cette affaire, nous nous félicitons – bien que regrettant qu’elle soit intervenue si tardivement – de la décision de publication d’un « Errata », conjointement par Jean-Claude Sitbon et son éditeur. Errata qui sera dès à présent inséré dans les exemplaires imprimés de l’ouvrage, étant signalé par ces termes sur le site de Jean-Claude Sitbon : « Errata - Il est apparu que plusieurs phrases de ce Tome 1 ont échappé aux critères éditoriaux car elles ont été empruntées à des ouvrages en omettant de citer la source. Pour ces erreurs involontaires, l’auteur présente ses excuses à ses lecteurs et aux auteurs concernés » – Lien : http://rite-ecossais-rectifie.com/…/aventure-du-rite-ecoss…/ Voici les termes de l’introduction de l’Errata téléchargeable : « Jean-Claude Sitbon et Les Éditions de la Tarente vous communiquent la liste des errata se trouvant dans le tome I de L’Aventure du Rite Écossais Rectifié dont Jean-Claude Sitbon est l’auteur. Nous tenons à préciser que ces errata sont pour l’essentiel des emprunts non sourcés. Ces omissions sont bien sûr involontaires et dues à la méthode de travail qui s’est échelonnée sur plusieurs années comme signalé dans l’Avertissement aux lecteurs (éd. 2012 page 12 & éd. 2015 page 16). Ces erreurs seront corrigées comme il se doit à l’occasion d’une éventuelle réédition de l’ouvrage. Il n’en reste pas moins que si les sources n’ont pas été insérées dans le corps du texte, tous les livres dont elles sont issues sont mentionnés dans la bibliographie. » _____________________________________

Les administrateurs du groupe Régime Écossais Rectifié

Communiqué de l'éditeur, téléchargeable sur le site référencé :

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Remarques et compléments à l'Errata :

Cette information, dont on ne peut que se réjouir, puisqu’elle invite à la sérénité qui convient à ces domaines, a toutefois été commentée par les lecteurs de ce groupe public. Commentaires se félicitant du dénouement éditorial de cette situation, et dont l’un, en particulier, « complète » pour le moins les indications de l’Errata en question.

Afin que le lecteur dispose d’une information fiable, nous reproduisons un échantillonnage (puisqu'un relevé initialement établi, et transmis, indiquait plus de 5000 signes dans le texte !) de ces éléments de comparaison qu’il signale, et manquant dans l'Errata, nous permettant de constater qu’un « emprunt à des ouvrages en omettant de citer la source » [sic], est à ne pas confondre avec une réécriture de passages extraits d’ouvrages non-référencés :

 

« En 1939, le RER était pratiqué par les quatre Obédiences masculines françaises.
1) LA GRANDE LOGE NATIONALE INDÉPENDANTE ET RÉGULIÈRE, fondée par une loge de Rite Rectifié, le Centre des Amis, avait consacré ou affilié 32 loges (…) Trois loges usaient du RER. 
2) LE GRAND ORIENT DE FRANCE comptait quelques 400 membres travaillant au RER dans plusieurs loges et 80 Maîtres Ecossais dans des Loges de Saint-André créées par le GCDR.201 En outre, le "Grand Prieuré Indépendant de France", section du GCDR, recevait dans ses chapitres des CBCS appartenant au GODF.
3) LA GRANDE LOGE DE FRANCE avait recueilli les 5 loges transfuges de la défunte GLER.
4) LE GRAND PRIEURÉ DES GAULES, exsangue, ne pouvait compter que sur la Loge Franchise. » (P. Noël, "Le Rite Ecossais en France", Villard de Honnecourt, n° 45, GLNF, 2000, pp. 205-206 / Pierre Noël, 
"Heurs et malheurs du RER en France au XXe siècle", p. 42).
www.ordo-ab-chao.org/ordo/Doc/heurs.pdf

« En 1939, juste avant la seconde guerre mondiale, le Rite Ecossais Rectifié était présent dans les quatre Obédiences masculines françaises : 
- La GLNIR, fondée par le Centre des Amis (…) trois Loges pratiquaient le Rite Ecossais Rectifié. 
- Le GODF réunissait quelques 400 membres travaillant au RER dans plusieurs loges et 80 Maîtres Ecossais dans des Loges de Saint-André créées par le GCDR. En outre, le GPIF, section du Grand Collège des Rites, recevait dans ses chapitres des CBCS appartenant au GODF.
- LA GLDF avait recueilli les 5 loges transfuges de la défunte GLER.
Le GPDG, exsangue, ne pouvait compter que sur la Loge Franchise. » (Jean-Claude Sitbon, L’Aventure du Rite Ecossais Rectifié, les éditions de la Tarente, 2012, p. 108).

 

« Le 15 décembre 1946 Camille Savoire déclarait réveillé le GPDG (…) Le 15 février 1947, le GPDG décidait le réveil de la loge Franchise, la création d'une loge de Saint-André (…) et la reconstitution des commanderies sous l'autorité de la préfecture de Paris. » (P. Noël, "Le Rite Ecossais en France", Villard de Honnecourt, n° 45, GLNF, 2000, pp. 206-207 /
"Heurs et malheurs du RER en France au XXe siècle", Pierre Noël, p. 43).
www.ordo-ab-chao.org/ordo/Doc/heurs.pdf

« Après la Libération, Camille Savoire déclarait réveillé le GPDG (…) Le 15 février 1947, le GPDG décidait le réveil de la loge Franchise, la création d'une loge de Saint-André et la reconstitution des commanderies sous l'autorité de la préfecture de Paris. » (Jean-Claude Sitbon, L’Aventure du Rite Ecossais Rectifié, les éditions de la Tarente, 2012, p. 108).


« Le 24 octobre 1948, Savoire était remplacé comme Grand Prieur par le colonel Julien Rybinski, mais conservait le poste de Grand Maître National.». (P. Noël, "Le Rite Ecossais en France", Villard de Honnecourt, n° 45, GLNF, 2000, p. 207 / "Heurs et malheurs du RER en France au XXe siècle", Pierre Noël, p. 43).
www.ordo-ab-chao.org/ordo/Doc/heurs.pdf

« Le 24 octobre 1948, Camille Savoire, était remplacé dans la fonction de Grand Prieur par le colonel Julien Rybinski, mais il conservait malgré son grand âge, près de quatre-vingts ans, le poste de Grand Maître National.». (Jean-Claude Sitbon, L’Aventure du Rite Ecossais Rectifié, les éditions de la Tarente, 2012, p. 109).

 

« L’année 1958 avait été également marquée à la G.L.N.F. par un évènement, qui précéda de quelques mois la signature de la Convention avec le G.P.D.G. (…) des Frères de la Loges e Centre des Amis n°1, emmenés par Pierre de Ribaucourt (+ 1965), fils d'Édouard de Ribaucourt à l’origine, avec Camille Savoire, du réveil du R.E.R en France en 1910. Ce mouvement de rupture, qui allait donner naissance à la Grande Loge nationale française – Opéra, du nom du quartier où la nouvelle structure maçonnique installa ses bureaux (…) Cette volonté de rassembler sur les bases de la fraternité et de l’humanisme universel, fut définie dans un Manifeste publié le 2 octobre 1958 ayant précisément pour intitulé « Fraternité humaine, universalisme ». (Jean-Marc Vivenza, Histoire du Grand Prieuré des Gaules, Editions du Simorgh, 2011, p. 204).

« La même année 1958 vit un autre événement d’importance au sein de la G.L.NF : la Loge le Centre des Amis n°1, prit la tête d’une scission menée par Pierre de Ribaucourt, le fils d'Édouard de Ribaucourt disparu vingt ans plus tôt, fondateur de la GLNIR. Cette scission (…) conduisit à la création de la Grande Loge nationale française Opéra. Le titre de GLNF fut conservé en rajoutant « Opéra », car le siège de cette nouvelle obédience se situait alors, avenue de l’Opéra. » (….) Le 5 octobre 1958, La GLNF Opéra publia un manifeste, intitulé « Fraternité humaine, universalisme ». (Jean-Claude Sitbon, L’Aventure du Rite Ecossais Rectifié, les éditions de la Tarente, 2012, p. 110).

 

 

Le comité rédactionnel de La Leçon de Lyon