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23/04/2017

« Toutes les institutions imaginables reposent sur une idée religieuse, ou ne font que passer. » (Joseph de Maistre)

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« Ne confondons point les essences des choses avec leurs modifications. » (Joseph de Maistre, Considérations sur la France, ch. IV, « La république française peut-elle durer ? »)

 

 « Toutes les institutions imaginables reposent sur une idée religieuse, ou ne font que passer (…). Qu’on rie des idées religieuses ou qu’on les vénère, n’importe : elles ne forment pas moins, vraies ou fausses, la base unique de toutes les institutions durables. »

 

Cette appréciation formulée par Joseph de Maistre en 1796 dans ses Considérations sur la France – et qui est éminemment celle de la maçonnerie willermozienne dont il fut membre[1] – nous place dans les perspectives du  « gouvernement temporel de la Divine Providence », longuement développées par Jean-Marc Vivenza dans les Entretiens spirituels et écrits métaphysiques, édités au Mercure Dauphinois en mars 2017. Et plus particulièrement dans cette « Méditation ontologique » qu’il consacre à « la Tradition primitive selon Joseph de Maistre, et le drame métaphysique de l’Histoire » (pp. 259-276), complétée par une « Mise en lumière par Joseph de Maistre, de la nature du projet religieux révolutionnaire d’instauration d’une contre-église[2] » (Annexe II, pp. 294-338).

L’Histoire n’est pas celle des causes secondes, ou « apparentes » – pour reprendre l’expression willermozienne – mais d’un drame métaphysique et de ses constantes répercutions dans le temps, auxquels participent les grands moments de rupture, « parfois incompréhensibles et surprenants, qui s’imposent aux hommes et aux souverains, ainsi qu’aux sociétés qu’ils ont édifiées » (pp. 273-274).

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« Dans quelle page de l’histoire trouvera-t-on une aussi grande quantité de vices agissant à la fois sur le même théâtre ? » (Joseph de Maistre, Considérations sur la France)

 

Extrait

« Lorsque les peuples, aveuglés par leurs propres illusions et enivrés par de funestes idéologies, refusant toute forme d’autorité temporelle ou transcendante, s’imaginant, séduits par les sirènes obscures, être les uniques détenteurs du droit, les possesseurs de toute légitimité, les maîtres des forces qui conditionnent leur vie, renversent les anciennes et vénérables traditions et veulent vivre sans entrave en clamant leur absolue autonomie, c’est toujours la barbarie et l’abjecte tyrannie des passions – religieuses (déviances, pseudo-spiritualités, contrefaçon de la mystique, etc.), ou profanes (mercantilisme, hédonisme, consumérisme, etc.) –, qui s’emparent du pouvoir, entraînant les populations dans des épreuves terribles où l’innocent est livré en pâture à la folie et au désordre destructeur. La négation du caractère corrompu de l’humaine nature depuis la « Chute », et le rejet du Gouvernement de la Divine Providence, qui mènent à la révolte et aiguisent la volonté d’indépendance, négation et rejet prônés par les sociétés modernes comme un dogme suprême et valeurs supérieures, sont non seulement l’aveu d’une impardonnable erreur, mais une attaque contre la Vérité, car « on ne peut attaquer une vérité théologique sans attaquer une loi du monde, puisque les dogmes ne sont que des lois du monde divinisées, des notions innées et déposées dans les traditions de tous les temps. » (J. de Maistre, Du Pape, I, chap. I).

C’est pourquoi, le devenir tragique de l’Histoire mondiale désorientée que nous subissons, dévorée par les égoïsmes nationaux, les divisions interethniques et les conflits religieux, ne peut donc être que foncièrement conflictuel et violent à l’extrême. Tant que l’Ordre transcendant, au niveau continental, avec une capacité à intervenir sur les régions périphériques par nature instables, n’est pas rétabli, il est inévitable que la société jette inlassablement, en une constante division, les forces antagonistes les unes contre les autres. Ce à quoi doit être rajoutée, une domination de la puissance financière, aliénant et soumettant tous les systèmes politiques jusqu’à les réduire comme de tristes esclaves, à de simples rouages finalisés de la machine économique.

L’horizon « contre-révolutionnaire », conscient de la nature des forces en présence, et sachant qu’on ne lutte pas contre les ténèbres qui travaillent à l’établissement de la domestication avec les outils humains de politique classique, totalement inefficaces et impuissants face à de tels éléments structurellement incontrôlables, précisément parce qu’ils relèvent de l’infrahumain et de l’infrastructurel, ne se préoccupe donc que des seuls auspices de la « Divine Providence ».

Jean-Marc Vivenza, Entretiens spirituels et écrits métaphysiques, pp. 272-273, « Le devenir nécessairement tragique de l’Histoire », Le Mercure Dauphinois, mars 2017

 

A lire :

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Entretiens spirituels et écrits métaphysiques

« Voie » de l’ontologie fondamentale et de l’ésotérisme mystique

 

[1] bijou-saint-andre-dsc_6770-z.jpeg« Il n’y a rien de stable dans le monde : tout passe comme une fumée. Les monuments les plus solides, les établissements les plus utiles, les plus respectables, et toutes les grandeurs humaines sont soumises à cette Loi. (…). Dans les grandes révolutions, l’homme vulgaire ne voit et ne cherche que les causes apparentes qui les ont préparées et produites ; mais le sage porte sa vue au-delà de cette sphère sensible ; il sait qu’il y a au-dessus de lui une cause intelligente, active, éternelle et toute-puissante qui, dans le conseil secret de sa justice et de sa providence, dispose et dirige les événements pour l’accomplissement de ses desseins et qui se sert des causes physiques comme d’aveugles ministres de sa volonté. » (Bibliothèque Municipale de Lyon, Ms. 5922/2)

 

[2] 10967902_10205555069097287_1778679175_n.jpgAu sujet de la nature de ce projet, J.-M. Vivenza précise : « Il n’y a de ce fait, selon Maistre, non pas une conception sociale, c’est-à-dire en l’espèce la « République », qui, s’opposant à une autre conception de la société, en l’occurrence la « Monarchie », voulut par la laïcisation de la société, libérer le peuple de l’emprise du clergé, mais un projet religieux animé d’une hostilité irrationnelle à l’égard de l’Église, utilisant le pseudo-concept de « neutralité » de la chose publique – concept connu sous le nom de « laïcité » -, pour faire disparaître toutes les traces de l’ancienne religiosité, cette « laïcité » étant en fait, derrière son masque trompeur, et le demeurant puisque le projet reste identique et constant, une véritable machine de guerre contre le christianisme. » (Annexe II, 3. « Le caractère « satanique » de la Révolution », p. 298). Et citant le Ve chapitre des Considérations sur la France :

 

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« Il y a dans la Révolution française, un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra. (…) Le discours de Robespierre contre le sacerdoce, l’apostasie solennelle des prêtres, la profanation des objets du culte, l’inauguration de la déesse Raison, et cette foule de scènes inouïes où les provinces tachaient de surpasser Paris ; tout cela sort du cercle ordinaire des crimes, et semble appartenir à un autre monde. »

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