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05/06/2016

Le Grand Prieuré des Gaules "arme" ses Chevaliers dans une église orthodoxe !

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Jean-François Var annonce publiquement, sur le réseau social qu’il anime (et une page événementielle a même été créée à l’occasion), avoir participé à une

« Très belle et très priante veillée d’armes » [sic] à… :

« l’Église Orthodoxe de Poitiers » !!! :

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Page facebook de Jean-François Var, le 03/06/2016

 

Qu’est-ce qu’une « veillée d’armes » ?

 

« Un usage ancien assujettissait ceux qui devaient être armés Chevaliers à faire une veillée d'armes, et la nuit qui précédait cette réception fut tantôt employée à être exposé à quelques périls, et tantôt à quelques actes religieux. Cette veillée d'armes ne peut plus être observée que symboliquement parmi nous… » (Rituel de l'Ordre de la Cité Sainte pour la classe des Chevaliers, Bibliothèque Municipale de Lyon, MS 5921).

 

Aujourd’hui, la plupart des établissements rectifiés s’accordent à opérer un tel événement, au moins symboliquement, au titre d’une « veillée » ou d’une « matinée » mais surtout, d’un temps de recueillement nécessaire afin de créer les dispositions requises à cette étape fondamentale de la vie initiatique du postulant.

Il convient toutefois de savoir que le rétablissement de la Veillée d’Armes fut justifié tout d’abord, au sein du Grand Prieuré des Gaules, en ces termes : « Nous avons rétabli cet ancien usage, mais selon des formes appropriées à notre temps. » (Avril 1994).  Puis, on en vint à cette formule discutable, qui laissait poindre une tendance « liturgique » inquiétante : « Cet office, car s’en est un… » (1995). Enfin, de façon beaucoup plus explicite, mais plus encore contraire aux principes du Régime en prenant la liberté d’accentuer une déviation ecclésiale inacceptable, et qui d’ailleurs, on peut en être certain, aurait été vigoureusement condamnée par les fondateurs de l’Ordre :

« Cette cérémonie, ou plutôt cet office (…) il ne s’agit pas en effet d’une cérémonie au sens rituel du terme (…) mais bien plutôt d’un office comme ceux que l’Eglise organise… (…) cet office de prière qui nous réunit ce soir est emprunté aux traditions, d’une part, de l’Eglise occidentale et d’autre part, des Eglises orientales.» (Cf. Rituel officiel du Grand Prieuré des Gaules, Ordre des Chevaliers Chrétiens de France, pour l’Armement de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, Éditions du Simorgh, 2007, pp. 8 ; 12 ; 30).

 

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« Du moment qu'on mêlera la religion à la maçonnerie, dans l’Ordre symbolique, on opérera sa ruine », écrivait Jean-Baptiste Willermoz  à Bernard de Türckheim, le 3 février 1783.

A l’évidence, pour ceux qui furent à l’origine de ces rédactions  : … peu importe !

 

La ruine fut acquise, lorsque dans l’indifférence quasi-unanime, voire la complicité de la totalité des Obédiences françaises, le Grand Prieuré des Gaules opéra une substitution entre l’enseignement du Régime, et une conception ecclésiale et dogmatique de l’ensemble de la tradition maçonnique, le conduisant à se transformer en une « Obédience chrétienne » multi-rituelle, dotée d’une « Aumônerie », dont le champ d’action devait s’étendre aux « cérémonies religieuses des Ordres de chevalerie », et à « l’enseignement des principes  spirituels des Ordres, en particulier la doctrine de la religion et de l’initiation chrétiennes. » (Statuts du G.P.D.G., Livre VII, article 106, 2005, amendés le 29 septembre 2012).

Dès lors, il n’est point étonnant que le candidat à l’armement, soit convié à un « Office » animé par le « Grand Aumônier » de l’Obédience, qui invitera l’assemblée présente, à entonner un salve regina, auquel succèderont, parmi d’autres réjouissances aberrantes, une psalmodie « cantilée à deux voix en répons, recto tono » [sic], une « prière de saint Ephrem le Syrien » et le « tropaire » de la tradition grecque !!!

Dès lors, également, il n’est point étonnant que l’événement se déroule dans une église orthodoxe de province, et bénéficie, sans la moindre gêne, d’une annonce publique sur les réseaux sociaux  … annonce complétée, dans les heures qui suivirent, et dans la logique de ce qui venait de se jouer, par le plus incroyable des aveux :

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« Dans un lieu de culte, ça change beaucoup de choses », en effet …

 

Car l’intention, nous l’aurons compris, ne se limite pas à la recherche d’un environnement porteur d’une inspiration spirituelle supposée (et, disons-le au passage, fortement subjective). Elle épouse une pensée, qui fut formulée par Jean-François Var, lorsque, définissant les « bornes » d’une qualification « chrétienne » acceptable pour le Régime, il indiquait, sous la forme d’une « mise au point » :

« Le profane qui est reçu dans le Régime rectifié au sein du Grand Prieuré des Gaules prête serment, sur le saint évangile ouvert au premier chapitre de l’évangile de saint Jean, de « fidélité à la sainte religion chrétienne. » Et non à on ne sait quelle « sainte doctrine » sortie on ne sait d’où. La sainte religion chrétienne est issue des enseignements donnés par notre Seigneur Jésus-Christ, le Verbe incarné, durant son existence terrestre, et poursuivis par le Saint-Esprit à l’occasion des saints conciles. (…)[1] »

 

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« Nos discours oratoires deviennent des sermons – poursuivait Willermoz dans sa lettre à Bernard de Türckeim –  : bientôt nos Loges deviendront des églises ou des assemblées de piété religieuse. (…) Ce danger mon ami qui peut paraître chimérique est bien plus prochain qu'on ne pense, si on n'y met promptement ordre … » 

 

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« La doctrine des Grands Profès […] n'est point un système hasardé arrangé comme tant d'autres suivant des opinions humaines ; elle remonte… jusqu'à Moïse qui la connut dans toute sa pure et fut choisi par Dieu pour la faire connaître au petit nombre des initiés, qui furent les principaux chefs des grandes familles du Peuple élu, auxquels il reçut ordre de la transmettre pour en perpétuer la connaissance dans toute sa vérité… Les Instructions sont un extrait fidèle de cette Sainte Doctrine parvenue d'âge en âge par l'Initiation jusqu'à nous.»

(Jean-Baptiste Willermoz, Statuts et Règlement de l’Ordre des Grands Profès, Ms 5.475, BM Lyon.)

 

[1] A Tribus Liliis, Grand Aumônier du G.P.D.G., Mise au point pour mettre fin aux controverses mal venues, blog « Un orthodoxe d’Occident », 21 février 2013.