Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/01/2015

« Il est surtout une loi dont tu as promis, à la face des cieux, la scrupuleuse observance » (Règle maçonnique, article IX)

A l’adresse de ceux qui, participant d’une contrefaçon de la vie spirituelle, seraient tentés de déployer dans le marécage impudique et obscène des réseaux sociaux et de la communication virtuelle, s’y constituant des profils à la gloire de leur humilité, les éléments relevant du caractère sacré et réservé de leur cheminement initiatique.

Memento_Mori_by_Wernest.jpg

« La condition de l’orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui. » (L’Écclésiastique, 3, 28.)

 

La  vocation réparatrice de l’initiation, ne peut se concevoir que dans le cadre d’une propédeutique progressive, au moins respectueuse de l’intime jonction entre les éléments formels qu’elle véhicule, et la nature du travail accompli par chacun. Tel est le sens, au-delà de la classe maçonnique du Régime rectifié, de la désignation d’un Ordre dit "intérieur" à dessein, et qui ne saurait dévoiler sur la place publique, ses emblématiques les plus en rapport avec le caractère personnel du cheminement.

C’est une chose, que de témoigner des éléments du patrimoine littéraire de la doctrine, d’y porter des éclairages nécessaires afin d’inviter à la participation expérientielle. S’en est une autre, que d’en dénuder les expressions et les déroulements les plus intimes. Au point que les règlements sauront prévenir, dès la Réforme de Lyon, ces débordements d’une extrême gravité :

« La loi du Silence et de la discrétion la plus absolue est fondamentale dans l’Ordre ; il est défendu à tout Frère en telle dignité qu’il doit ou qu’il soit constitué, de révéler la moindre chose qui concerne notre constitution, ou ce qui se passe dans nos assemblées directement ou indirectement. Ceux qui seront convaincus d’avoir dérogé à cette loi, seront déclarés incapables de posséder aucune dignité ou charge dans l’Ordre... » (Titre II, Code Général des Règlement de l’Ordre des C.B.C.S., 1778)

Nous étions accoutumés ces dernières années, dans les domaines de la maçonnerie willermozienne et de l’illuminisme, à la promotion sur l’espace virtuel, de filiations accoutrées en "néo-professions" ou se proclamant sans scrupule de l’héritage des maîtres du 18ème, "martinismes" ignorant tout de la pieuse exigence métaphysique de Louis-Claude de Saint-Martin, "rosicrucianismes" méconnaissant les saints mystères du Golgotha, aux généalogies pourtant douteuses ou totalement fantasmées, mais qui auront su séduire, au moins temporairement, quelques structures soucieuses d’en faire commerce, à défaut de mieux. S’y ajoute désormais, la mise en pâture des activités internes, armements, étalage navrant des attributs chevaleresques des membres et des établissements, confirmant le rude constat d’une parodie commerciale qui, se substituant à la discipline de l’arcane, témoigne que désormais, la diffusion de la Parole a cédé à la vulgarisation.

L’initiation chrétienne, pourtant, est un dialogue renoué avec le Ciel, en vue du rétablissement, par l’intercession du Divin Réparateur, de la vocation ontologique du premier homme. Le profaner, témoigne d’une incroyable méconnaissance de sa réalité, revient à ne pas en avoir saisi le sens, lui préférant ce « zèle imprudent qui en vue du bien du prochain se livre a l'esprit de prosélytisme. » (LettredeWillermozà Bernard de Türckheim, du 3 février 1783)

Willermoz.jpg« J'ai parlé plus haut d'initiation et du silence commandé aux initiés, parce qu'en effet depuis le commencement du monde, avant même le déluge, il y a eu des initiations ; or toute initiation quelconque suppose la connaissance de certaines choses cachées au reste des hommes ; et vous voyez là le principe de l'initiation et des engagements maçonniques. (…) Dès l'origine des choses temporelles, et aussitôt que la génération humaine a commencé à se pervertir, les Vérités essentielles au bonheur de l'homme pur ont été voilées, et n’ont plus été présentées que sous des voiles à la multitude, toujours malheureusement disposée à méconnaître ces vérités souvent importunes, ou a en abuser. (…) Ne vous étonnez donc point, mes Ch. ff. si l'Institution maçonnique conduit les hommes sous le voile d'un cérémonial figuratif, des allégories, des symboles & emblèmes à la connaissance de leur propre dignité primitive, et à celle de l'universalité des choses originelle, lorsque la divine Providence les y destine, et les y appelle par les dispositions qu'elle exige d’eux ; car l'Entrée du Sanctuaire est ouverte à tous, mais tous ne veulent pas faire les sacrifices indispensables pour y entrer. Multi vocati, pauci vero Electi. » (J.-W. Willermoz, Lettre à Achard, Lyon, le 11 juin 1804)

 

Les commentaires sont fermés.