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28/09/2014

Le Régime, les Obédiences et ce "moment où toutes les illusions disparaissent"

A propos de deux articles parus sur les sites du DNRF-GDDG, et de Semper Rectificando

La Leçon de Lyon, septembre 2014.jpg

« Songez que le moment doit arriver où toutes les illusions disparaissent plus vite que l’éclair. » (Rituel du grade d’Apprenti, 1802)

 

La proclamation refondatrice du Grand Directoire Des Gaules le 15 décembre 2012, selon les seuls critères de la Réforme willermozienne, et au bénéfice de la transmission ininterrompue de 1935 rejetée, sur les plans doctrinal et structurel, par un "Grand Prieuré des Gaules" [sic] définitivement embourbé dans une irrémédiable schizophrénie ecclésiale, semble avoir soulevé de sérieuses difficultés aux structures andersoniennes qui prétendent proposer un travail au titre du Régime rectifié.

Le contenu pour le moins singulier des réactions de ces derniers mois en témoigne en tout cas, puisque ce rétablissement, pourtant fidèle aux dispositions des Codes de 1778, mais semblant gêner quelques petits "arrangements" avec la réalité historique, et sans doute jalousé pour la qualité de ses propres qualifications, fut spontanément assimilé à une « diatribe religieuse ou métaphysique » [sic] opposée aux « préoccupations légitimes des juridictions libérales » [re-sic], là ou d’autres, dont on devine les craintes – par ailleurs justifiées –,  sans doute admiratifs et convaincus de la subtilité de leur créativité littéraire, réduiront cet attachement aux principes fondateurs à la caricature pathétique d’une « momie à perruque poudrée tirée du placard des antiquités » [sic !]…

De là à se résoudre au constat navrant du néant initiatique absolu dans lequel sa domestication par les Obédiences aurait plongé le Régime, il n’y avait qu’un pas, amplement franchi par l’expression administrative d’une circulaire – en date du 3 décembre 2013 –  dite de « mise en garde » et qui, émanant de la rue Cadet, désignait à la vindicte fraternelle, ces groupements « se disant maçonniques » [sic], désormais marqués du sceau de l’infréquentabilité, « leurs membres ne pouvant se prévaloir d’aucun titre maçonnique[1] » [re-sic !]…

C’était, bien entendu, s’exposer au risque d’une sévère leçon appuyée sur la seule réalité historique, et qui ne s’est pas faite attendre, en cette rentrée où les officines francophones de toutes sensibilités, n’en finissent plus de se débattre dans l’onde de choc de la crise de la GLNF et des postures sociétales du GODF, en quête d’une « régularité » qui semble n’être que l’unique préoccupation d’une Institution maçonnique devenue, dans son ensemble, le catalyseur des grandes dérives narcissiques et consuméristes de la Modernité. Le tout, au mépris, bien entendu, de la quête légitime et des attentes des âmes de désir prises au piège de contradictions mondaines qui, les éloignant des domaines célestes auxquelles elles aspirent, les enfoncent un peu plus dans l’étouffante densité dont elles auraient pu s’extraire.

Deux articles, qui feront date, méritent une attention toute particulière, parce qu’ils rétablissent, avec une rigueur argumentaire sans faille, des éléments factuels que la tendance naturelle au confort de la paresse de nos consciences assoupies, nous avaient fait négliger :

 

« Qu’est ce que la "Régularité" pour le Régime Écossais Rectifié ? »

 

Publié sur l’espace officiel du Directoire National Rectifié de France – Grand Directoire des Gaules, répond en trois points à ce récurrent questionnement :

a) Les principes de la « régularité » sont issus des ‘‘Basic Principles’’ de la Grande Loge Unie d’Angleterre définis en 1929 ;

b) Le Régime Écossais Rectifié a procédé en 1778 a une « rectification » de la franc-maçonnerie andersonienne ;

c) Toutes les branches de la maçonnerie andersonienne, sont regardées comme « apocryphes » par le Régime Écossais Rectifié ;

démonstration resituée dans le cadre proclamatoire de décembre 2012 :

« Enfin, et plus profondément encore, ce que nous ne cessons de proclamer et que notre initiative de « Refondation » du Régime nous fait devoir d’affirmer : le système issu de la Réforme de Lyon – et ce n’est pas pour rien qu’il se voulut une initiative de « rectification » entière de la franc-maçonnerie en 1778, dépasse, selon ses propres critères, en éminence, en autorité et en connaissance des mystères de l’initiation, tous les systèmes, l’ensemble des régimes composites, et les organisations constituées en « Grandes Loges », méconnaissant la « doctrine de la réintégration », et, bien évidemment, n’a aucunement besoin pour vivre et se développer, des formes structurelles administratives connues sous le nom « d’obédiences maçonniques », puisque la « conception obédientielle est absolument étrangère à l’esprit de la rectification », faisant que vouloir faire rentrer le R.E.R., dans les cadres de la maçonnerie andersonienne en le faisant coexister, soit avec d’autres Rites, soit avec des visions et conceptions (sociétales, politiques, symboliques, initiatiques, confessionnelles, dogmatiques, etc.),  issues de voies « apocryphes », est une absolue aberration.

Ainsi, et que ceci soit bien entendu : le Régime écossais rectifié est « régulier » dès lors que, bénéficiant d’un lien de transmission effectif et valide avec le « réveil » opéré en 1935, il est  pratiqué en fidélité à son essence, à ses principes organisateurs, aux Codes fondateurs qui en définissent les règles, et à sa doctrine interne précisée dans les Instructions à tous les grades[2], et cette « régularité » est de nature initiatique et trans-historique, puisqu’elle se rattache uniquement et invisiblement, à l’Ordre essentiel, primitif et fondamental qui se perd dans la nuit des siècles. »

« Le Grand Orient de France et sa "fable" Rectifiée »

Publié ce 18 septembre par nos amis de Semper Rectificando, et détaillant les étapes éloquentes d’une « grossière falsification de l’Histoire » visant à accréditer la thèse absurde d’une légitimité de l’Obédience sur le Rite – au lieu d’une simple délégation administrative limitée et fortement conditionnée –, « reproduite à l’infini sans faire l’objet du moindre examen afin de savoir si elle était fondée ou non, participant d’une rhétorique inlassablement développée, et sur laquelle on s’appuiera dans de nombreux discours et écrits divers à partir de 1938, et ce jusqu’à nos jours[3]. »

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Diplôme de Maître Maçon du Grand Orient de France, « gardien et régulateur de tous les rites pour la France » (sic)

La vie initiatique réelle, se joue de ces parodies scéniques et de ces orchestrations d’Opérette, auxquelles elle demeure parfaitement indifférente. Et la Réforme willermozienne, redisons-le afin que chacun l’entende, possède ses critères propres, et ses « Codes », que l’on préfèrera aux « protocoles de bonne conduite » [sic !] plus récents, fussent-ils actés dans les salles d’un Conclave sur un mode conciliaire singulièrement étranger à ses principes.

 

« Car ce ne serait point abuser nos semblables, que de leur dire combien l'œuvre véritable de l'homme se passe loin de tous ces mouvements extérieurs »

 (Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce Homo, § 4).

 

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[1] Considération peu "amicale", certes, mais surtout frappée d’une singulière amnésie, quand on sait que la Refondation du 15 décembre 2012, n’a pas été l’aboutissement d’une élucubration isolée, mais a été initiée, à partir de la transmission intégrale du dépôt de 1935, par des personnalités respectées, et auxquelles devait sans doute être reconnu, autrefois, le « titre si touchant de frère » [Rituel du Grade d’apprenti, 1802].

[2] Car ainsi que le remarquait récemment, et à juste titre, Roger Dachez, « certains aspects des rituels du RER, n’ont de sens que dans le cadre très particulier de la doctrine qui imprègne ce régime maçonnique. » (Pierres Vivantes, 17 septembre 2014)

[3] Il aura effectivement fallu se contenter, jusqu’à ces utiles précisions, d’aberrantes approximations historiques qui auront fini par s’imposer à l’esprit de tous, et selon lesquelles, et cela exprimé sans la moindre nuance, « le Rite Écossais Rectifié (…) rentrera au Grand Orient de France par un traité d’union de 1776, ce qui fait sans doute du Rite Écossais Rectifié probablement le Rite le plus ancien possédé [sic !] en tant que tel, par le Grand Orient de France. » (France Culture, Divers aspects de la pensée contemporaine, « Sur le Rite Écossais Rectifié », 1ère partie, 4 mars 2012, par Edgard Abela.)

 

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