Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/02/2013

Les nouveaux contours d’une Franc-maçonnerie ecclésiale et dogmatique

inquisicion.jpg

 







« Ceux qui altèrent cette foi sont donc parjures et apostats »


Par la dernière déclaration du Grand Aumônier du Grand Prieuré des Gaules[1], emprunte de sa coutumière tendresse évangélique, sont délimités les contours d’une Franc-maçonnerie ecclésiale et dogmatique, engageant l’Obédience concernée, par la voix de celui dont la charge, rappelons-le, consiste à «  dispenser et superviser l’enseignement religieux et spirituel »(Statuts du G.P.D.G., Livre VII) : « Les déclarations du Grand Aumônier du Grand Prieuré des Gaules, qui ne sont ni des consignes ni des directives, écrit-il, valent exclusivement pour l’obédience où il exerce sa fonction, c’est-à-dire le Grand Prieuré des Gaules. »

Dans cette perspective assumée, les critères théologiques et conciliaires définissent le maçon rectifié, et se substituent à « on ne sait quelle sainte doctrine sortie on ne sait d’où » (sic), selon les propos du clerc, par ailleurs publiquement investi dans de petites églises orthodoxes retranchées des grandes communautés chrétiennes d’Orient[2].  

« Ceux qui altèrent cette foi sont donc parjures et apostats », annonçait, dans son précédent billet, le tenant de cette vision ecclésiale en milieu initiatique, « qui se revendique d’être intégriste » (sic).

Concernant cette « Sainte Doctrine parvenue d’âge en âge par l’Initiation jusqu’à nous » (Statuts et Règlement de l’Ordre des Grands Profès, Ms 5.475, BM Lyon), il est entendu que « les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité » (lettre de J.-B. Willermoz à Saltzmann, mai 1802).

La doctrine de la réintégration des êtres, imprégnant la maçonnerie willermozienne, est de nature initiatique, disposant d’une cohérence interne propre, différente, sur des points cruciaux, d’une théologie dogmatique qui n’a pas sa place dans le domaine maçonnique. Jusqu’à ce qu’un groupe de missionnaires issus d’églises autocéphales, par ailleurs adeptes de pratiques magico-théurgiques néo-coëns – dont on se questionnera d’ailleurs sur les références conciliaires – ne parvienne à faire main basse sur le Grand Prieuré des Gaules, maison-mère du Régime Rectifié en France. 

La posture est a priori intenable, pour ceux qui la tiendraient. Sauf à renier la doctrine ou, plus dangereusement, à la transformer pour la rendre conforme à leurs vues. Ce que, inévitablement, ces clercs en exercice seront contraints de faire, pour se maintenir au sein des structures dans lesquelles ils exercent leurs offices.

« Du moment qu'on mêlera la religion à la maçonnerie, dans l’Ordre symbolique, on opérera sa ruine », précisa J.-B. Willermoz (Lettre de Willermoz à Bernard de Türckheim, du 3 février 1783). Le processus semble pour le moins irréversible, en ce qui concerne l’Obédience concernée, au point que son actuel Grand Maître déclarera, lors de la Saint-Michel 2012 : « C’est le dogme qui est intangible, pas la doctrine[3]. »

En décembre 2012, les willermoziens ont fait le choix de se mettre à distance de ce Grand Prieuré dénaturé et dogmatique, agissant non point selon des motivations mondaines, mais légitimés, en leurs qualifications propres, par la remise du dépôt intégral de la transmission de Camille Savoire, qui faisait défaut à l’actuelle direction de l’Obédience. Désormais, s’éclaire avec justesse le caractère vital de cette refondation, pour la sauvegarde de cette filiation inaltérée du Régime et de la doctrine de la réintégration. 

__________

Sur cette question, nous renvoyons au dernier billet publié par le blog Semper Rectificando, « Un piège dogmatique sectaire pour le Régime Ecossais Rectifié : la Franc-maçonnerie chrétienne ! » :

http://semperrectificando.wordpress.com/2013/02/22/un-piege-dogmatique-sectaire-pour-le-regime-ecossais-rectifie-la-franc-maconnerie-chretienne/

semper.jpg

 


[1]Sur son blog « Un orthodoxe d’Occident »

[3] « Discours du Sérénissime Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules », Bruno in ordine Eques ab Ardenti Corde, Les Cahiers Verts n°7, année 2012, page 14.

 

Les commentaires sont fermés.