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12/02/2013

Sur quelques graves considérations au sujet du rejet de la doctrine du Régime rectifié

 « Telle est cette science mystérieuse et sacrée dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d’en faire usage. »

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Concert dans un édifice en ruines, anonyme du 18ème siècle, Rennes, musée des beaux-arts. 


La Franc-maçonnerie rectifiée se singularise fortement par le caractère "non-apocryphe" – selon la terminologie de Martinès de Pasqually – que lui confèrent le rattachement, l’héritage complet et le plein usage de la doctrine de la réintégration des êtres "dans leur première propriété, vertu et puissance".

Rompant avec les frivolités mondaines de la maçonnerie du 18ème siècle, et partant du constat qu’aucun système existant alors, ne répondait à l’exigence réparatrice consécutive à la déréliction ontologique dans laquelle se trouvait l’homme, la Réforme de Lyon est, en mode maçonnique –  car ce rattachement concerne l’ensemble du courant illuministe européen –, la pure expression de ce christianisme transcendant porté par Origène d’Alexandrie (+ 252 ), et dont on connaît désormais les grandes thématiques : « émanation des âmes, vision négative de la création, rejet du corps et de la matière, destination céleste purement immatérielle des créatures[1]. »

Tout, dans les rituels et les instructions willermoziennes, de l’étape préparatoire à la réception de l’apprenti maçon[2], jusqu’aux classes non-ostensibles du Régime, en témoigne, mais semble nécessiter de constants rappels, dès lors que nous faisons le sombre constat du renoncement généralisé, tristement assumé par les grandes organisations initiatiques qui se parent de la sémantique et de la coloration du Régime, tout en en rejetant, et parfois de façon intentionnelle, le contenu.

Citons ces textes, qui fondent le corps même de la doctrine du Régime, à l’attention des amnésiques volontaires qui lui préfèrent – sur une déroutante échelle de variations, souvent dictées par la coloration obédientielle de référence – des interprétations dogmatiques, universalistes, ou vidées de toute référence spirituelle.

Citons ces textes, notamment, lorsqu’ils en appellent à la grave responsabilité alors endossée par ces structures qui devraient en assumer la conservation, en même temps que le devoir d’en accorder, aux âmes de désir sincères qui leur sont confiées par la Providence, l’exacte transmission :

 

« Cette doctrine, ayant toujours été la base des initiations, les Sages qui en étaient parfaitement instruits eurent grand soin de l’enseigner (…). Telle est cette science mystérieuse et sacrée dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d’en faire usage, et qui égare également ceux qui ne se seront pas élevés au-delà des choses sensibles.

C’est d’après ces principes que les initiations furent mystérieuses et sévères. La vérité l’exigeait elle-même. Cette doctrine se cachait aux hommes corrompus. Les emblèmes et les allégories que les sages y employèrent figuraient aux apparences sensibles et matérielles de la nature, qui rendent impénétrables à nos regards les agents moteurs de l’univers et les êtres individuels qu’il renferme.

Dans l’état actuel de l’homme, privé de la lumière, ce qui peut lui arriver de plus funeste, c’est d’oublier, ou de nier, cette lumière. Aussi, l’objet principal des sages instituteurs de l’initiation ne fut pas précisément de faire connaître la vérité aux peuples, mais de les porter, par leur exemple et par leur  doctrine, à croire en elle avec confiance et à lui rendre un sincère hommage, quoiqu’elle fût cachée à leurs yeux. »

(Instructions secrètes des Chevaliers Grands Profès, fonds Georg Kloss, Bibliothèque du Grand Orient des Pays-Bas, à La Haye [1er catalogue, section K, 1, 3])



[1] Jean-Marc Vivenza, « Origène et l’illuminisme », in La doctrine de la réintégration des êtres, pp. 23-60, La Pierre philosophale, 2012.


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