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27/01/2013

Sur quelques critères de validité initiatique au Régime Rectifié

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Camille Savoire (1869-1951)


L’actualité du Régime Rectifié en France, pose la question du lien essentiel entre la légitimité des appellations revendiquées par les structures qui s’en réclament, et la réalité des transmissions qu’elles sembleraient induire.

Tout ceci pose de réelles difficultés, et mérite  de sévères précisions. Non point par absence d’une sincère amitié et reconnaissance due, à juste titre, à ces organismes qui furent, et sont toujours, les témoins d’un patient travail de réflexion et de gestion rituelle, mais par souci d’une vérité historique que nul n’est habilité à pervertir.  

Un Grand prieuré, rappelons-le, est une structure qui répond à un attachement provincial, le Rectifié s’organisant autour de Directoires et de Provinces, en l’occurrence trois pour la France, qui sont les anciennes de la Stricte Observance : Vème province de Bourgogne, IIème d’Auvergne et IIIème d’Occitanie. L’idée d’un Grand Prieuré dit "national", quelle que soit son appellation, ne répond à aucune logique rectifiée, ceci concernant y compris le Grand Prieuré à l’origine du réveil du Régime en 1935.

Un Grand Prieuré ne se créé pas à la faveur d’une intention particulière et subjective, à moins que les qualifications propres de ses initiateurs, dans la logique du Code de 1778, ne leur permettent de se constituer en structure provinciale, référant à l’une des trois citées précédemment, ce qui, objectivement, est le cas actuel de certaines d’entre-elles.

Mais cette logique interne à l’organisation du Régime, fut-elle respectée, n’autorise cependant pas que soit négligée la validité de la transmission initiatique elle-même., laquelle ne peut souffrir d’aucune césure.

Or, et ceci doit être rappelé, le dépôt de la transmission et des archives de la Vème Province de Bourgogne à la Préfecture de Genève, fut opéré en 1830 par Joseph Antoine Pont (+ 1838), avant que le réveil complet du Régime en France, en 1935, n’en permette la restitution et l’usage[1].

Ce qui revient à dire que toute initiative de restauration authentique et légitime, nécessite un rattachement à la souche historique de Camille Savoire (1869-1951). S’écarter du bénéfice de ce lien, ne peut alors aboutir qu’à une construction subjective qui, participant parfois d’une bonne volonté et d’un véritable enthousiasme – voire, fréquemment, du constat sincère que la perte de substance du Rite, pris en tenaille par les conjonctures obédientielles, nécessite une initiative de préservation –, n’en pose pas moins de vraies difficultés.

Toute structure, faute d’une source authentique, ou qui finirait par en renier la substance même, est vouée au dépérissement, le doute faisant son œuvre, ses bases viciées, corrompues ou reniées, ne résistant pas à l’examen des preuves et des faits.

Il est alors du rôle de ceux ayant en charge la conservation de l’héritage historique et doctrinal du Régime, de savoir rappeler avec justesse que certains critères sont à respecter, et que les titres, ou l’ancienneté dans un système, ne confèrent aucune autorité pour poser des bases fondatrices historiquement inexactes qui, fatalement livrées aux forces de dissolution, ne résisteraient pas à l’épreuve du temps.

Aussi, pour qui en douterait encore, apparaît-il évident que toute initiative de préservation du Régime, ne peut s’enraciner que sur les qualifications initiatiques et historiques que nous signalons, toute autre intention, ne relevant que d’une délégation confinée au rôle d’une gestion limitée et transitoire.

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[1] Jean-Marc vivenza, « la conservation helvétique de l’Ordre », in Histoire du Grand Prieuré des Gaules¸ éditions du Simorgh, pp. 116-124, septembre 2012.

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