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17/01/2013

L'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte et sa fonction mystique

Un article extrait du Directoire National Rectifié de France

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Si le Convent des Gaules en 1778 compta treize séances, ce fut dès la première que Jean de Turkheim et Jean-Baptiste Willermoz soumirent à l’adoption des suffrages de l’assemblée des frères le nouveau nom « d’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ».

Alice Joly précise, s’appuyant sur un document faisant état des délibérations [BM Lyon, ms. 5479] :

« Qui eut l’idée de ce nom ? Une chose est certaine, c’est qu’il était avant l’ouverture des débats déjà choisi et accepté par les promoteurs de la réforme. (…) La loge de Willermoz s’appelait « la Bienfaisance », mais on a remarqué qu’un grade de Chevalier Bienfaisant existait déjà dans la loge de Saint-Théodore de Metz, et qu'il y avait en Suisse un système Écossais qui révérait comme patron Saint Martin, le soldat romain au cœur charitable. Si nous en croyons les souvenirs de Paganucci ce seraient ces influences, probablement représentées par Saltzman, qui auraient fait choisir le nouveau titre.

Il était fait pour convenir également aux desseins de Willermoz car il évoquait les Templiers sans les nommer, et donnait aux Chevaliers une vague et idéale patrie, qui pouvait être tout aussi bien Rome, centre de la chrétienté, Jérusalem, où s’éleva le temple de  Salomon et où Jésus-Christ fut crucifié, que la cité céleste immatérielle, espoir et but suprême de tout effort mystique[1]. »

Le Régime Ecossais Rectifié, en tant qu’Ordre des C.B.C.S., prit donc naissance en 1778 à Lyon, lors du Convent général de la Stricte Observance qui avait pour mission d’arrêter une position ferme vis-à-vis des points problématiques qui apparaissaient comme un facteur de nombreuses méprises et d’interprétations discutables parmi les frères des Provinces allemandes et françaises.

Jean-Baptiste Willermoz qui avait trouvé dans la Stricte Observance un cadre très solide, une structure évidemment organisée et incomparablement plus stable que celles de l’Ordre Chevaliers Maçon Elus Coëns de l’Univers à l’intérieur duquel il exerçait des responsabilités, mais dont il n’avait eu de cesse de se lamenter depuis 1767 du désordre qu’il y régnait, ressentait  néanmoins comme un vide, une limite dont les illusoires prétentions présentées comme étant les objectifs secrets et ultimes de la maçonnerie et, en particulier, parmi bien d’autres, la réédification de l’Ordre du Temple, lui apparaissaient comme extrêmement dérisoires et fort maigres  du point de vue initiatique.

Le but, clairement et explicitement confié à l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, fut donc de conserver et préserver, au moment où les élus coëns disparaissaient de la scène de l'Histoire, la doctrine de la réintégration, mais christianisée et corrigée de ses erreurs trinitaires et christologiques.

A ce titre, et on en comprend aisément la raison, la constitution d'un « Ordre », porteur et héritier de l'authentique tradition, s'imposait pour Jean-Baptiste Willermoz, afin que soit offert aux hommes, et en particulier aux maçons possédant une sincère noblesse de cœur mais cependant désorientés au sein de temps incrédules et corrompus, de participer à l'œuvre salutaire de réarmement spirituel et religieux, à la reconstruction des fondations du vrai Temple qui n’est point fait de mains d’homme, et accomplir, par là même, l'impérieux devoir imposé à ceux qui ne peuvent accepter, ou qui souffrent, de croupir dans le marasme existentiel sans chercher à s'extraire des fers de la prison matérielle dans laquelle ils furent enfermés en venant en ce monde ; lieu inquiétant dominé par celui qui en est le prince, et qui détient sur ces domaines périlleux la gloire et l'autorité (Luc 4, 6).

Mais cette transformation, « opérée » par la foi en la Parole de Vérité, et dont la responsabilité est confiée à l’Ordre, encore faut-il que cet « Ordre » soit en mesure de l’accomplir, ou tout au moins de la rendre possible, ce qui ne se peut réaliser que si la fidélité est conservée intacte aux principes du Régime, fixés et arrêtés par le Convent des Gaules en 1778



[1] 1. A. Joly, Un mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie, Protat frères, 1938, pp. 110-111.

 

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