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13/01/2013

La proclamation du Directoire National Rectifié de France (D.N.R.F.), rappelle le caractère fondamentalement doctrinal et non-obédientiel de la maçonnerie willermozienne.

Il est nécessaire, en fidélité aux textes fondateurs et à l’esprit du Régime, d’en préciser la justesse, et de rappeler le constat qui fut posé en préambule du projet de refondation lui-même, pour lequel, « depuis le réveil complet du Régime en France au XXe siècle, force est de constater que les principes de fonctionnement propre à l’Ordre, pourtant clairement définis, n’ont pas été respectés. On a voulu se servir des cadres obédientiels de la maçonnerie andersonienne afin de faire vivre le Régime Rectifié. Et, à cet égard, la plupart des formes sous lesquelles vit le Régime actuellement ne sont en rien conformes à son essence, mais de plus, y compris les formes structurelles distinguées sous le nom de "Grands Prieurés" qui sont en réalité éloignés bien souvent des critères propres de la rectification tels que spécifiés dans le Code de 1778. (…)On est ainsi obligé de constater que depuis le réveil du Régime au XXe siècle - ceci dit sans oublier ce que nous devons d'immense et d'important à ceux qui entreprirent de redonner vie au Régime, ainsi qu'aux institutions qui en incarnèrent et en incarnent encore l'esprit avec beaucoup de vérité et de sincérité que nous ne contestons aucunement - la conception originelle du Code n’a presque jamais été suivie, entraînant des disfonctionnements significatifs dans la logique organisatrice du Régime Ecossais Rectifié qui cessa, dès lors, de se penser comme un "Ordre", le ramenant à un Rite réduit à une conception obédientielle absolument étrangère à l’esprit de la rectification, même si imaginant en relever en usant de titres et dénominations issus du corpus sémantique willermozien. »

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Les « Principes de l’Ordre » en 10 points[1]

- I -

L’Ordre issu de la réforme de Lyon, tire uniquement sa légitimité et sa « régularité », par delà les qualifications initiatiques de ses membres, de sa fidélité observée face aux principes énoncés et arrêtés en 1778 lors du Convent des Gaules.

- II -

Les deux Codes de Lyon de 1778, sont les seules et uniques lois constitutives du Régime Écossais Rectifié, qui en organisent la vie et le fonctionnement. Ces lois, non seulement aucune instance rectifiée n'a le pouvoir de les modifier, mais son premier devoir, clairement stipulé et précisé, est de les respecter et de les faire respecter.

- III -

L’Ordre, du point de vue rectifié, entendu dans son principe le plus authentique, ni ne se réfère, ni ne participe d’une structure administrative et temporelle, mais relève d’abord et avant tout d’une dimension purement spirituelle.

- IV -

Depuis le réveil du Régime en France au XXe siècle, la conception originelle du Code n’a presque jamais été suivie ni respectée, entraînant des disfonctionnements significatifs dans la logique organisatrice du Régime Écossais Rectifié. Notre action, de nature refondatrice, est une volonté de retour aux sources du Convent des Gaules de 1778, en tentant, non pas de recréer une nouvelle structure au milieu de celles déjà existantes - à l'égard desquelles nous avons de l'amitié en reconnaissant le travail souvent remarquable qu'elles ont accompli - mais de redonner à la notion « d’Ordre » la place centrale qu’elle n’aurait jamais dû perdre, dans l’entière et pleine fidélité avec l’enseignement exposé dans les différentes « Instructions » du Régime en toutes ses classes.

- V -

Cette action refondatrice, insiste tout particulièrement sur le caractère fondamental de la doctrine qui forme, avec l’Ordre, un tout indissociable, sachant que le lien intime avec la doctrine de la Réforme de Lyon représente, non une option du point de vue initiatique lorsqu’on est membre du Régime, mais relève d’un enseignement initiatique et spirituel auquel – au terme d’une propédeutique douce et bienfaisante qui est le propre de l’initiation - il est nécessaire d’adhérer, faute de quoi on se met soi-même en dehors des critères d’appartenance du système willermozien dont le rôle est, précisément, d’étudier, de préserver et de veiller attentivement sur les éléments doctrinaux qui présidèrent à la fondation de l’Ordre.

- VI -

L’aspect doctrinal définit le Régime rectifié, ce qui est une spécificité unique dans tout le champ rituel de la franc-maçonnerie universelle, et donne au système willermozien une nature à nulle autre pareille qui le distingue entièrement des autres Rites maçonniques, lui conférant son caractère de voie dite  « non-apocryphe » au regard des critères de la doctrine de la réintégration, dont l’Ordre est le dépositaire légitime depuis le XVIIIe siècle.

- VII -

L’essence de la rectification, outre un Rite original et une pratique spécifique s’exerçant en quatre grades formant la classe symbolique et un Ordre, dit « intérieur », d’essence chevaleresque distingué en un état probatoire d’Écuyer Novice et le grade de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (C.B.C.S.), se caractérise par un enseignement fondé sur le « christianisme transcendant », christianisme non dogmatique fidèle à la loi de grâce de l’Évangile et aux vérités de la sainte religion chrétienne, mais relevant par des voies secrètes participant d’un tradition non ostensible, de la « sainte doctrine parvenue d’âge en âge par l’initiation jusqu’à nous ».

- VIII -

L’Ordre, qui se rattache à celui « primitif essentiel et fondamental qui lui a donné naissance », dont « l’origine est si reculée qu'elle se perd dans la nuit des siècles », est autosuffisant et complet. Il se pense et se considère comme l’aboutissement des connaissances mystérieuses de la franc-maçonnerie et possède à ce titre son essence propre travaillant à un but précis, expliquant pourquoi il est absolument non juxtaposable, et ne peut être inclus dans une organisation commune avec d’autres Rites sous quelques motifs ou prétextes aussi louables soient-ils. La volonté de rattachement à la notion originelle «d’Ordre rectifié» - dont l’objet est « d'aider à remonter jusqu'à l’Ordre primitif » - telle que pensée et établie lors du Convent des Gaules par Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), ne saurait de la sorte être, en aucun cas et d’aucune manière, de nature « obédientielle » - conception étrangère à l’esprit de la rectification - mais purement et étroitement fidèle aux seuls critères du Régime rectifié.

- IX -

L’initiative de refondation étant de nature transhistorique, initiatique et spirituelle, participe d’une situation d’attente, dans l’espoir qu’un jour les diverses composantes de la famille rectifiée reviennent à la conception originelle de « l’Ordre », et réalisent leur unité sur le principe unique et fondateur de « rectification » tel que défini et établi par la Réforme de Lyon.

- X -

Notre action refondatrice, afin que soit engagé un retour au principe de l’Ordre, relève donc autant du témoignage que du souci conservatoire, afin que le projet willermozien puisse être vécu et transmis, par-delà le temps, en sa vérité essentielle, afin qu’il perdure à travers l’Histoire en absolue fidélité avec l’idée originelle de nature initiatique et spirituelle, exposée et arrêtée lors du Convent des Gaules en 1778. 

 

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Sens de la Refondation de l’Ordre

 

Nous avons conscience de ce que cette « Proclamation refondatrice », et sa volonté de retour aux fondements originaux de l’Ordre, pourront susciter comme surprise de la part des observateurs. Pourtant, cette initiative se fait en amitié avec l’ensemble des juridictions composant ce qu’il convient de désigner sous le nom de « famille rectifiée », à l’égard de laquelle nous avons de la bienveillance et un sincère et profond sentiment de fraternité, sachant l’importance de ce qu’elle représente en étant parfaitement instruits et respectueux de son histoire selon les différentes singularités qui la composent.

Il nous apparaît néanmoins que les temps sont aujourd’hui venus, alors que s’ouvre un nouveau siècle dont le précédent fut celui du réveil du Régime, d’engager à présent une possibilité de refondation de l’Ordre au sens générique du terme, avec pour seul moteur l’amour de nos devoirs de membres du Régime rectifié, et selon les critères propres à la réforme de Lyon.

Notre œuvre pourra paraître, à vue humaine tout au moins, symbolique et un rien étonnante de par la modestie de ses moyens à l’heure des grands regroupements obédientiels, des fédérations de loges et de la constitution de structures transnationales. Ceci nous le savons. Mais nous nous plaçons sur un plan différent, notre action relevant d’un « autre ordre des choses », à savoir celui de la fidélité initiatique et de l’authenticité doctrinale rectifiées, l’une et l’autre devant être protégées et préservées, alors que ne cesse de s’amenuiser ce qui faisait la valeur de la voie maçonnique de par un envahissement des forces profanes qui se sont emparées des domaines qui auraient dû, impérativement, se maintenir à distance des puissances de dissolution.

Notre action relève donc autant du témoignage que du souci conservatoire afin que le projet willermozien puisse être vécu et transmis, par-delà le temps, en sa vérité essentielle.

Nous ne prétendons pas à nous seuls incarner ou représenter « l’Ordre » dont, évidemment, toutes les branches de la famille rectifiée participent. En revanche nous nous en revendiquons au titre de ses principes et de nos qualifications, désireux d’œuvrer à sa préservation uniquement sous sa seule référence, ne souhaitant pas, à dessein, constituer un énième « Grand Prieuré » qui vienne grossir le nombre déjà fort conséquent de ceux déjà existants, ce qui n’aurait aucun sens au regard de la perspective initiatique et spirituelle dans laquelle nous nous situons.

Même si l'on n’en comprend pas toujours entièrement les enjeux et la finalité ultime, il est clair, pour ceux qui se penchent avec attention sur ce système, que le Régime Ecossais Rectifié oblige à un questionnement, un retournement, une réorientation intérieure complète comme l’indique explicitement la Règle maçonnique :

« Elève souvent ton âme au-dessus des êtres matériels qui t’environnent, et jette un regard plein de désir dans les régions supérieures qui sont ton héritage et ta vraie patrie. Fais à ce Dieu le sacrifice de ta volonté et de tes désirs, rends-toi digne de ses influences vivifiantes, remplis les lois qu’il voulut que tu accomplisses comme homme dans ta carrière terrestre. Plaire à ton Dieu, voilà ton bonheur ; être réuni à jamais à Lui, voilà toute ton ambition, la boussole de tes actions[2]. »

Telle est notre unique et identique volonté afin de contribuer, avec amour et fraternité, au rayonnement de l’authentique tradition willermozienne, et d’œuvrer à la Gloire de «l’Être éternel et infini qui est la bonté la justice et la vérité même qui, par saparole toute puissante et invincible, a donné l’être à tout ce qui existe ».

 

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[2] Règle maçonnique, Rituel du Grade d’Apprenti, 1802.


 

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