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26/12/2012

Jean-Baptiste Willermoz à Achard : « Tôt ou tard, la Robe fait son métier… »

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« (…) C’est dans ces entrefaites que furent reçus dans la Loge les ffres Bernard, Mille Julien, etc. ; La Loge se félicita de leur acquisition parce que c’étaient des  ffres estimables et bien recommandables par leurs mœurs, leur probité, leurs talents et par beaucoup de bonnes qualités, sur lesquelles tous les ffres s’accordent à leur rendre justice ; mais on ne tarda pas beaucoup à déceler en eux un certain fanatisme religieux qu’ils ne prenaient pas même la peine de dissimuler, et qui, se mêlant bientôt aux affaires de la Loge et de la Maçie., n’en devint que plus rebutant pour tous ceux qui ne partageaient pas leurs Opinions exagérées. Le zèle rare et même outré qu’ils manifestèrent dans les Affaires de la Loge leur gagna la confiance intime du fre Ach… qui, connu dès longtemps pour un zélé Mesmerien, et un chaud partisan de la Cabale et des milles et une recettes et procédés ridicules s’ils ne sont pas impies qu’elle a enfanté, trouva dans ces ffres des Disciples soumis et tout disposés à le croire sur parole, et en fit des Adeptes. Dès lors il s’établit entre eux une union, si intime, si journalière, si exclusive que le Maître ne jura plus que par ses Disciples et ses Disciples par le Maître ; et persuadés de son infaillibilité, ne voient, n’entendent et n’agissent que par les yeux, les oreilles et les instigations de leur Oracle. »

« (…) Je vous observe aussi que l'acquisition d'un bon Prêtre est toujours précieuse pour une Loge, mais il faut se garder d’y faire abonder cette classe d'hommes, parce que tôt ou tard la Robe fait son métier ; et on a malheureusement presque toujours remarqué que là où elle abonde trop elle travaille à acquérir de l'influence, à y jouer un rôle, devient intolérante, et presque toujours, si elle le peut, dominatrice ; voilà pourquoi à Lyon on recevait dans le symbolique tout ceux qui méritaient d'être estimés, mais on ne portait aux derniers grades que ceux qui étaient plus longtemps et plus rigoureusement éprouvés. »


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Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Achard, Lyon, le 23 Pluviose An 13, finie le 8 Ventose (17 au 27 février 1805), B.M. Lyon, MS 5456.

 

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