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08/11/2012

"Ce n’est point des hommes qu’il faut attendre de grandes connaissances, il faut les attendre d’en-haut"

« Vous m’invitez à écrire deux mots au frère Mille pour le tranquilliser sur deux termes employés dans la profession de foi et qu'il trouve inadmissibles. Je vous avoue, cher frère, que je n'ai pas assez de temps de reste pour l'employer à des discussions aussi futiles ; le plus simple bon sens dit assez que le Verbe est le nom propre de l’Etre Dieu, et que sa Parole est l'acte ou le moyen par lequel il manifeste sa puissance et en opère les résultats. Le Verbe fait Chair est assez défini par l'apôtre Saint-Jean ; et qui est-ce qui ignore que c'est par sa Parole qu’il a enseigné sur la montagne les huit grands moyens de béatitude ; que c'est par sa Parole qu'il a guéri le paralytique et tant d'autres, ressuscité Lazard et  opéré tant d'autres merveilles ; ainsi ce qui n'est pas admissible pour le frère Mille est très admissible pour tout autre ; il faut avoir une bien grande opinion de soi-même pour se croire plus puriste dans le langage et plus orthodoxe dans la foi que la multitude des hommes de tous rangs, de tout âge, de tout état, prêtre ou laïc qui ont prononcé cette Profession avant lui ; il ne faut donc jamais oublier, que l'Esprit vivifie et que la Lettre tue.

La simplicité du cher frère Meistre qui reconnaît tout bonnement que ce n’est point des hommes qu'il faut attendre de grandes connaissances, et qu'il faut les attendre d'en haut, est de beaucoup préférable, et le conduira plus promptement et plus sûrement au terme heureux qui ne dépend pas des hommes. »

Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Achard, Lyon 31 juillet 1806

 

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